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Les tests de Mathieu: cette smartwatch sous Android a corrigé le principal défaut de sa catégorie, faut-il craquer ?

OnePlus, fabricant de smartphones apprécié pour son style et son rapport qualité-prix au niveau des smartphones, retente l'aventure de la montre connectée, un objet devenu très populaire auprès du grand public. Sa nouvelle proposition, sobrement baptisée Watch 2, coûte 299€. Elle a un argument en béton: proposer du WearOS (donc l'accès aux applications Android) affichant une autonomie de 4 jours. Inédit !

Si vous voulez suivre votre activité physique avec un appareil à votre poignet, comme de plus en plus de personnes dans le monde (la croissance est forte et constante dans les pays industrialisés), vous avez plusieurs choix. Le premier est de vous contenter de ce qu'on appelait auparavant un tracker, ou bracelet d'activité. La technologie ayant évolué (miniaturisation, amélioration des batteries), ces bracelets sont désormais équipés d'un bon petit écran couleur affichant les infos de base, et d'une application pour smartphone permettant de suivre votre activité (pas, sport, sommeil) et vos données de santé (rythme cardiaque). Le tout pour moins de 50€ (exemple: le récent Xiaomi Smartband 8). 

L'autre option est de se choisir une belle montre connectée, ce qu'on appelle souvent une smartwatch. De plus en plus populaires depuis la Watch d'Apple, ces smartwatches se déclinent de nombreuses manières et, à côté des (très bons) acteurs indépendants comme Garmin et Withings, le duel Apple – Google se poursuit sur votre poignet. Effectivement, Android Wear OS, dans sa version 4, convainc de plus en plus de fabricants, y compris Samsung. Le dernier en date est OnePlus, bien connu pour ses smartphones à l'excellent rapport qualité-prix. Après une première Watch un peu timide en 2021 (voir mon test), la seconde itération, sortie il y a quelques semaines, est nettement plus ambitieuse. Son design sobre est élégant, elle ressemble vraiment à une montre grâce à son boîtier en acier inoxydable de 46 mm et ses deux boutons (dont une molette qui tourne cependant dans le vide). Son écran tactile AMOLED de 1,43" offre une luminosité adaptative. Son prix est de 299€ pour le lancement via le site de OnePlus (prix "normal": 329€). 

La polyvalence d'Android, avec (enfin) 4 jours d'autonomie

Le principal défaut des montres Android Wear OS est clairement leur autonomie. Même la récente Pixel Watch 2, pourtant fabriquée par Google qui maîtrise donc matériel et logiciel, ne tiendra pas deux jours sans recharge. La raison est simple: Wear OS, c'est Android, et donc un immense magasin d'applications – certaines gourmandes en énergie - et une communication constante avec le smartphone (notification, appel entrant, etc). 

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Et pourtant, après deux semaines de test, je peux vous le confirmer: la Watch 2 de OnePlus, après trois jours complets d'utilisation, vous prévient le quatrième qu'elle a encore 20% de batterie, et vous propose de passer en mode d'économie d'énergie (pas de liaison avec le smartphone) pour rester utilisable durant quelques jours. OnePlus annonce une autonomie de 100h (donc 4 jours et 4 heures) en mode 'Smart', qui est le mode normal, avec toutes les fonctionnalités et notifications activées. Ça correspondant assez bien à mon constat. On peut donc partir en week-end sans se soucier de la batterie de sa montre, ce qui est plutôt positif vu qu'on est déjà obligé de le faire avec son téléphone. 

Comment OnePlus y parvient ? En séparant la puissance de calcul sur deux chipsets distincts. Les tâches les plus exigeantes (et qui drainent la batterie) sont exécutées par le Snapdragon W5, les tâches plus basiques et moins énergivores par ce que OnePlus appelle une 'puce d'efficacité'. "Nous avons apporté d’importantes mises à jour à l'interface hybride de Wear OS afin de pouvoir prendre en charge de nouvelles fonctionnalités qui s'exécutent sur l'innovante architecture à double processeur de OnePlus", explique John Renaldi, directeur principal des produits et du design chez Wear OS by Google, dans un communiqué. 

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Grâce à cela, la batterie de 500 mAh (c'est un peu plus que la moyenne, et c'est beaucoup plus que la Pixel Watch 2, plus petite, avec ses 306 mAh) tient 4 jours, et se recharge en 1h pour autant que votre chargeur délivre au moins 7,5W en sortie (ce qui est plus que probablement le cas). 

Une interface de montre qui va à l'essentiel

Vous l'avez compris, OnePlus utilise Android Wear OS 4, un peu pimpé par rapport à ce qu'on peut trouver sur la Pixel Watch de Google. Plus grande, elle permet, contrairement à la proposition de Google, d'afficher les applications installées sous forme de nuage, ce qui est nettement plus pratique qu'une liste. Cela s'accompagne d'une légère surcouche logicielle de OnePlus, avec forcément les applications de suivi de l'activité physique, du sommeil et de la santé. Et puis, il y a les cadrans OnePlus, aussi soignés que diversifiés.

Pour ce qui est des applications tierces disponibles, tout dépend du catalogue du Play Store de Google, et de votre souhait d'avoir un accès minimaliste à celles-ci depuis votre poignet. J'ai trouvé mon bonheur avec Spotify, Outlook, Tedee (serrure connectée) et WhatsApp, en plus des applications Google (Gmail, Agenda, Assistant, Wallet, etc). 

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La santé et le sport: un peu trop basique en 2024...

Passons à l'unique point faible de la OnePlus Watch 2: ses fonctionnalités limitées en termes de suivi de la santé et de l'activité. Si vous avez déjà utilisé des montres de Garmin, Apple, Samsung, Huawei, Withings ou Fitbit/Google, vous risquez d'être un peu déçu, que les choses soient claires. 

En effet, OnePlus ne dispose pas d'une grande expertise logicielle en la matière, et doit se contenter d'aller à l'essentiel. Fréquence cardiaque, analyse du sommeil, stress et taux d'oxygène dans le sang: les données présentées sont brutes, là où la concurrence citée est passée depuis longtemps à l'analyse parfois très poussée (en partie via des abonnements payants pour Fitbit et Withings, mais pas pour les autres). Et je pense qu'en 2024, on est en droit d'attendre un peu plus d'une smartwatch que des données brutes. D'autant plus qu'il manque un élément assez essentiel pour le suivi de la santé cardiaque: l'ECG (électrocardiogramme), qui permet de déceler une anomalie du rythme cardiaque. Donc pas uniquement le nombre de battements par minute, mais leur (ir)régularité. Il n'y a pas non plus de capteur de température comme le proposent certains concurrents, mais c'est nettement moins utile à l'heure actuelle. 

Forcément, l'application OHealth, nécessaire pour la configuration de la Watch 2 mais pas très sexy, suit la même tendance au niveau des données et de leur analyse. Elle est d'une très (trop?) grande sobriété et d'une simplicité qui ne plaira qu'aux novices un peu effrayés par les menus: un onglet avec les données récoltées par la montre, un deuxième pour lancer une course à pied ou à vélo sans passer par la montre, un dernier pour la gestion de la montre (cadrans, tuiles de l'écran d'accueil, paramètres, etc) :

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Conclusions

Après deux semaines de test, mon verdict est clair: la Watch 2 est la montre sous Android (Wear OS 4) la plus endurante du marché (4 jours), gommant le principal défaut de ces smartwatches vraiment smart, c'est-à-dire celles qui peuvent faire tourner de nombreuses applications ayant des versions "portables" dans le Play Store de Google. A 329€, elle présente donc déjà un excellent rapport qualité/prix et bel atout par rapport à la concurrence directe: l'Apple Watch et les Watch de Samsung. Seule ombre au tableau: la partie 'suivi santé et activité physique' qui est assez sommaire (tout comme l'application smartphone nécessaire au fonctionnement de la montre, OHealth), avec notamment l'absence d'électrocardiogramme mesurant la régularité du rythme cardiaque, devenu presque standard dans cette gamme de prix. On ne peut pas tout avoir...
 

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