Accueil Dossier: Israël en guerre

Encore des frappes ce samedi à Gaza malgré les critiques des Etats-Unis

Les frappes israéliennes sur la bande de Gaza se poursuivent tôt samedi malgré les critiques de Washington sur la conduite de la guerre et les risques selon l'ONU d'une "catastrophe humanitaire colossale" dans la ville densément peuplée de Rafah.

Tôt samedi, des équipes de l'AFP ont fait état de frappes dans différents secteurs de Gaza après la diffusion d'un rapport du département d'Etat sur la situation dans ce territoire au coeur d'une guerre qui s'étire désormais sur plus de sept mois.

Défiant les mises en garde internationales, l'armée israélienne mène depuis mardi des incursions dans l'est de Rafah, et a pris le contrôle du passage frontalier avec l'Egypte, verrouillant une porte d'entrée névralgique pour les convois d'aide humanitaire.

L'armée a aussi indiqué vendredi poursuivre son "opération antiterroriste de précision" dans certains secteurs de l'est de Rafah, et avoir "éliminé des cellules terroristes".

Une vaste opération à Rafah conduirait à une "catastrophe humanitaire colossale", a averti le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, ajoutant que la famine se profilait dans le territoire palestinien.

"Quelque 30.000 personnes fuient la ville chaque jour", a indiqué le bureau des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), précisant que la plupart "ont déjà dû se déplacer à cinq ou six reprises" depuis le début de la guerre.

Malgré la réouverture mercredi du passage de Kerem Shalom, voisin de Rafah, fermé par Israël pendant trois jours après des tirs de roquettes du Hamas, l'acheminement de l'aide reste "extrêmement difficile", a affirmé à l'AFP Andrea De Domenico, le chef du bureau de l'Ocha dans les territoires palestiniens.

Vendredi soir, le Cogat, organe du ministère israélien de la Défense supervisant les affaires civiles dans les Territoires palestiniens, a néanmois annoncé "le transfert de 200.000 litres de carburant à des organisations internationales" via Kerem Shalom.

Après inspection des camions, "le carburant a été transféré pour répondre aux besoins essentiels actuels de la communauté internationale, notamment les hôpitaux, les zones humanitaires, les centres logistiques et la distribution de l'aide humanitaire", poursuit le Cogat dans un communiqué.

Interrogé sur cette annonce, Sylvain Groulx, coordinateur des urgences pour Médecins sans Frontières (MSF) dans la bande de Gaza a déclaré à l'AFP : "Il ne faut pas oublier qu'Israël a coupé l'électricité au début de la guerre. Par conséquent, les hôpitaux et les autres services de base tels que les boulangeries, les réseaux téléphoniques ou même les banques doivent maintenant compter sur [des] générateurs, qui nécessitent du carburant".

À ce titre "il est donc impératif qu'Israël, en vertu de ses responsabilités en tant que force d'occupation, fournisse l'électricité ou veille à ce que le carburant soit disponible en quantités suffisantes, ce qui signifie, évidemment, l'ouverture des postes frontières", plaide-t-il.

 

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