Les premières confiseries nont pas été créées pour flatter les papilles gustatives des petits ou grands gourmets. Elles sont nées du besoin de conserver les fruits et utilisées principalement à des fins thérapeutiques. Leurs recettes figurent par conséquent dans les traités agronomiques et médicaux.
Dès le Viiie siècle, les médecins arabes soutenus par le califat abbasside de Bagdad se lancent dans une vaste opération de traduction des textes grecs ; ils revisitent les antiques confiseries médicamenteuses, y remplacent notamment le miel par le sucre de canne et créent de nouvelles formules. Les premiers bonbons naissent dans leurs laboratoires. Ils sont faits, à linstar des modernes berlingots et fondants (fudge), au sucre tiré ou pétri (fanid traduit en latin par penidium). Le succès de ces produits de luxe est international : pas une table califale, impériale ou royale sans eux. En ancien français, on les appelle « dragées », qui nont rien à voir donc avec leurs modernes homonymes obtenues par la technique de la dragéification dont les jalons sont posés au Xvie siècle. En raison de leurs vertus digestives, on les sert souvent à la fin des festins médiévaux parmi les « boutehors » destinés, comme lindique leur nom, à mettre les convives dehors