Guards (Europe)
Du samedi 25 février 2012 au vendredi 25 mai 2012Galerie Bernard, 139 boulevard Tirou
6000 Charleroi http://www.menoury.com
Vernissage: 25.02.2012 18h-20h
Midissage: 20.04.2012 18h-20h
Finissage: 25.05.2012 18h-20h
Dix gardes militaires veilleront la Galerie Bernard de l'aurore à l'aurore pendant 90 jours 1 heure et 50 minutes. Au fil du temps, cette surveillance maniaque évoluera et s'élimera, leur coiffe, symbole de leur importance les entravera, leur fixité, symbole de leur force les meurtrira.
Après le portrait Electra à la Nuit Blanche de Paris en 2009 et Maly à La Centrale Électrique (Centre Européen d'Art Contemporain) à Bruxelles en 2010-2011, Guards (EUROPE) est la troisième exposition de la série Sudden de Catherine Menoury.
Les portraits vidéo de Catherine Menoury sont une réflexion sur le temps. Leur durée, initialement brève, est dilatée et dénaturée; linstant choisi, toujours intense, sétire alors sur une période prédéterminée et éphémère, elle peut être de quelques heures et s'étendre sur trente années, une vie métaphorique et temporelle. Ces portraits, silencieux, évoluent grâce à un logiciel conçu spécifiquement, ils sont irréversibles et inéluctables.
"Le travail de Catherine Ménoury peut saborder de bien des manières. Il est dabord question de temps, ou plutôt dune expérience du temps. Une durée qui petit à petit prend valeur métaphorique. Apparemment fixes, les images défilent. Il suffit de détourner le regard quelques minutes pour sen rendre compte. Le modèle a bougé. Insensiblement, malgré toute lattention quon lui porte. Ce que dit loeuvre ne se perçoit que lorsque le regard labandonne, dans cet intervalle de temps où elle semble vivre sa vie sans nous. Une vie rien de moins, car ces images meurent aussi. Dune mort programmée et inéluctable : ce qui est vu aujourdhui aura disparu demain, à jamais. Ni pause, ni retour en arrière possible. Limage est leau entre nos doigts. Que peuvent-ils dailleurs retenir ?
Les films de Catherine Ménoury entretiennent en quelque sorte cette filiation avec lart sacré, lapprentissage dun renoncement à labsolu quils mettent en scène ici ce sacrifice: jamais nous ne serons le spectateur démiurge de notre propre vie. Et cest un peu comme si ces vidéos étaient les miroirs de cette absence, impossible à combler et par là même source dun incessant désir. Linstallation produite pour Incise métaphorise ce principe en le parant des atours rutilants du pouvoir. Les gardes protocolaires incarnent sa permanence et lobstination, tragique et dérisoire, dun contrôle de soi et des autres souverain et absolu. Cette fiction discrétionnaire flirterait avec la tyrannie si ses acteurs, bien réels, ne semblaient pas en porter le poids. Leur souffrance, de plus en plus visible au fil du temps, exprime moins un renoncement quune délivrance : limpossibilité de modeler son être à la fiction qui linstitue. Là sébranlent nos empires, en un glissement imperceptible et muet, ingénument libérateur."
Benoit Dusart
Lundi : de 6:00 à 23:30 et 23:30 à 6:00

















