Elio Di Rupo et Bart De Wever « sont très différents. A la fois sur le tempérament mais aussi entre le PS et la N-VA, les différences sont extrêmement profondes. Autant sur les questions communautaires, que sur l’avenir de Bruxelles et sur l’ensemble du programme socio-économique », a avoué M. Magnette, ajoutant, « Elio se renseigne beaucoup sur la N-VA. Pas seulement sur Bart De Wever mais aussi sur qui il y a derrière. »
Elio Di Rupo qui n’aura pas manqué de prendre connaissance de la réaction du chef de file N-VA dans La Libre Belgique ce matin concernant le programme « fantaisiste » du PS. A ce sujet, M. Magnette pense que « Bart De Wever n’a peut-être pas lu toutes les annexes budgétaires dans notre programme. C’est vrai qu’on dit qu’il y aura environ 7 milliards de dépenses à faire. C’est loin d’être des dépenses luxueuses. C’est augmenter les plus basses pensions, c’est réduire les impôts sur les bas et moyens salaires pour favoriser l’emploi et ça coûtera 5 à 7 milliards. Mais on a aussi des pistes pour des recettes à hauteur de 30 à 40 milliards. »
Scinder la sécu ? Pas dans l’intérêt des Flamands non plus
Autre pierre d’achoppement, la réforme de l’Etat, priorité des nationalistes flamands. Selon le socialiste, tant que le fédéral reste « bien concentré sur ses missions essentielles - les droits et libertés des citoyens, la prospérité, la régulation économique, la fiscalité et évidemment la solidarité -, tout le reste peut aller aux Régions. » La solidarité interpersonnelle, justement, est bien un sujet non-négociable pour le PS. « On voit mal sur quoi on pourrait scinder partiellement la sécurité sociale. C’est une grande machine de solidarité, une machine à lutter contre les inégalités. C’est un patrimoine collectif pour les gens qui n’ont pas de patrimoine individuel, que ce soit pour se soigner, pour les pensions ou pour les revenus de remplacement quand on perd son travail. On voit mal comment on peut découper ce grand ensemble. Si on le régionalisait partiellement, ça fonctionnerait moins bien. » Il a tenu à rappeler au passage à Bart De Wever que scinder la sécurité sociale ne serait pas forcément favorable à la Flandre à long terme. « Ce n’est pas forcément contre notre intérêt à long terme, nous francophones, parce que la population wallonne et bruxelloise est plus jeune que la population flamande et que le poids des pensions se fera surtout sentir en Flandre. »
D’où la volonté affichée de jeter des ponts entre PS et N-VA pour réussi à trouver un compromis. Car sans compromis institutionnel, il n’y aura pas de gouvernement avant longtemps… et on en connaît les effets. « Maintenant, il faut faire en sorte de mettre en place le plus vite possible un gouvernement qui stabilise le pays. Il en va aussi de notre image internationale. Si on laisse se reproduire une situation comme l’orange bleue une deuxième fois, ce sera vraiment catastrophique pour notre pays. »
Di Rupo Premier ministre ? "On n'est pas naïfs"
Alors, Elio Di Rupo Premier ministre ? Oui à condition que ça ne soit pas en échange de concessions institutionnelles… « Si on suit la logique arithmétique, ça (le poste de Premier ministre, ndlr) devrait lui revenir », mais « on n’est pas naïfs. On sait bien à quel jeu se livre Bart De Wever quand il dit qu’il accepterait le ‘sacrifice’ de laisser le 16 à un francophone. Ce n’est pas comme ça que ça se discutera. Il y aura une discussion sur le programme du gouvernement, sur la réforme de l’Etat et puis à côté il y aura l’attribution des postes dont celui de Premier ministre. En 2007, le CD&V n’avait pas payé le fait d’avoir un Premier ministre. »












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