Informateur, ce n’est pas formateur. Si le deuxième doit afficher des qualités d’homme d’Etat et s’adresser aux deux grandes communautés de Belgique en vertu de son futur statut de Premier ministre, l’informateur, lui, ne fait "que" préparer le terrain. Bart De Wever l’a bien compris et s’est donc permis une sorte de "gaffe volontaire" hier devant la presse, à l’issue de sa rencontre avec le Roi. C’est en flamand uniquement qu’il a fait ses déclarations concernant la mission d’information qu’il a acceptée, avant d’être rappelé à l’ordre par un journaliste francophone. « En français ? Oui… J’avais pas préparé ça. C’est déjà une bêtise », a-t-il répondu sur le ton ironique qu’on lui connaît. Il a ensuite "traduit" son discours du néerlandais au français en direct.
Qu’importe donc si l’homme fort des nationalistes flamands y est allé d’une nouvelle petite provocation: il a tout de même accepté la mission préliminaire en vue de la formation d'une future coalition, confiée par le Roi. Il compte travailler dans la discrétion et rapidement: entre une semaine et dix jours de négociations à compter de lundi.
> Le détail de sa déclaration
Sa mission consistera à consulter les principaux acteurs politiques, socio-économiques et de la société civile, sur les 3 grands problèmes auxquels le prochain gouvernement sera confronté : comment aborder les problèmes financiers, comment mettre en œuvre une réforme de l'Etat et comment renforcer le lien social.
Il débute ses entretiens lundi
"Le président de la N-VA Bart De Wever débute lundi sa mission d'information", a indiqué son porte-parole. Vendredi et ce week-end, il passera du temps à préparer ses entretiens et à régler quelques détails pratiques. L'informateur s'installera à la présidence de la Chambre, au 10 rue de la Loi.
Elio Di Rupo se rapproche du 16 rue de la Loi
Dès avant cette nomination, Albert II avait reçu en audience au château de Laeken l’autre gagnant des élections, le socialiste Elio Di Rupo. Cette nomination de Bart De Wever est, pour le président du PS, dans la logique du résultat des élections. Une logique tronquée qui, si elle est suivie jusqu’au bout, enverrait l’homme fort de Mons au 16 rue de la Loi. En effet, cette logique postélectorale voudrait que ce soit le premier gagnant, donc presque toujours flamand, qui devienne formateur puis Premier ministre.
Mais cette personne, c’est Bart De Wever, qui a ouvertement rejeté cette possibilité. Il est régionaliste et son seul but véritable est d’aboutir à une grande réforme de l’Etat. Etre le Premier de tous les Belges, ce n’est pas pour lui, ce qui n’est finalement qu’honnêteté intellectuelle. L’homme est cohérent.
Qui deviendra formateur dans ce cas ? Sans doute le 2ème gagnant des élections, représentant qui plus est des socialistes, la famille politique ayant le plus de sièges au parlement : Elio Di Rupo. Un président du PS qui s’est voulu rassurant jusqu’ici et qui martèle son désir d’être constructif et d’aller vers la grande réforme de l’Etat voulue par les Flamands… mais pour laquelle « nord et sud devront faire des concessions ».












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