Condamné jeudi dernier à une peine de 10 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Liège pour avoir détenu des images à caractère pédopornographique entre 2005 et 2008, Victor Hissel a signé dès le lendemain (vendredi) son acte d'appel. L'avocat invoque plusieurs raisons pour faire appel de la décision, raisons déjà évoquées lors du premier procès.

 

Regarder chez nos voisins européens ?

La défense de Victor Hissel, Me Masset et Me Berbuto, conteste principalement les faits qui ont été retenus contre son client. "Nous considérons que le fait de visualiser ou de regarder des images ne consiste pas à les détenir et ne constitue donc pas une infraction. Il s'agit, selon nous, d'un problème d'interprétation. La motivation de la condamnation nous laisse sur notre faim. Nous attendions du tribunal d'autres motivations à cette décision. Car tant la jurisprudence française et suisse que les travaux du conseil de l'Europe vont dans un autre sens. Le tribunal nous a répondu qu'il ne devait pas regarder ce qui se faisait hors des frontières. Nous considérons que ce raisonnement est un peu court intellectuellement."

 

Problèmes de procédure

Victor Hissel estime également qu'il n'a pas eu droit à un procès équitable parce que l'audition d'un expert lui a été refusée et parce qu'il y aurait eu violation du secret de l'instruction. La défense dénonce aussi l'attitude du parquet dans sa manière de diriger les poursuites en raison du fait que le dossier du fils de Victor Hissel (Romain Hissel avait tenté de tuer son père d'un coup de couteau) a été joint pour information à la procédure.