La fin de l'année 1989 puis les années 90 ont été marquées par une mystérieuse vague d’OVNI en Belgique. Des apparitions jamais élucidées. Emblème du phénomène: la photo d’un OVNI de forme triangulaire avec trois lumières, une dans chaque coin, prise le 4 avril 1990 à Petit Rechain, près de Verviers, par un certain Patrick, jeune tourneur-ajusteur de 20 ans. La diapositive fera le tour du monde, sera analysée par les plus éminents spécialistes et jusqu’à l’Ecole Royale Militaire Belge.

 

Un panneau de frigolite

Mais jamais l’énigmatique image ne dévoilera son secret résolument hermétique à la raison humaine. "La perplexité des scientifiques: c'est un phénomène matériel et artificiel, mais quoi ?", "La chose", "Le mystère reste entier", "Un phénomène réel, cohérent, original", "Une diapositive scrutée au scanner" : voici ce qu’on pourra notamment lire dans la presse de l’époque, voici ce que Samuel Ledoux a relu ce matin sur les coupures de presse conservées par Patrick à son domicile. Mais notre journaliste ne s’est pas rendu chez Patrick pour relire les journaux de l’époque. Aujourd’hui, Patrick lui a révélé l'explication de l’un des plus grands mystères belges de la dernière décennie du deuxième millénaire.

Les passionnés d’OVNI, les accros aux êtres venus d’ailleurs, les amoureux du mystère seront déçus : l’OVNI de Petit-Rechain n’est pas un vaisseau spatial venu d’une lointaine galaxie mais un panneau de frigolite peint et équipé de trois spots. Un bricolage, réalisé en quelques heures et photographié en soirée, une plaisanterie, inspirée par la vague d'OVNI née quelques mois plus tôt, qui visait les camarades de la petite entreprise où travaillait Patrick. Mais voilà, la blague va quitter les murs de l’usine. "On ne pensait pas que ça sortirait de l'usine où on travaillait. Ca été beaucoup plus loin puis on a laissé aller", reconnait Patrick au micro de Samuel Ledoux.

 

Résistance à toutes les analyses

La photo va très vite devenir le symbole de la vague d’OVNI des années 90 en Belgique. Elle intriguera le monde entier, y compris des spécialistes de la NASA. "Beaucoup de personnes ont travaillé dessus", constate Patrick qui pensait qu’un jour ou l’autre les experts finiraient par mettre en lumière la supercherie. "Mais ils n’ont rien découvert", conclut fièrement Patrick. Vingt ans plus tard, le faux témoin a décidé de révéler la vérité. Pourquoi maintenant ? "Il faut le dire un jour ou l’autre", répond tranquillement Patrick qui s’excuse auprès de toutes celles et ceux qui y ont cru en déclarant toutefois que si c’était à refaire, il le referait. Quelle conclusion tire-t-il de tout cela ? "On arrive à tromper tout le monde avec une bête maquette en frigolite".