La cour d'appel de Mons entre ce lundi dans le vif du sujet concernant le procès de la Carolorégienne, jugé en juin 2010 par le tribunal correctionnel de Charleroi. Sur les dix prévenus - dirigeants et responsables de la société de logements - condamnés en première instance, seul Claude Despiegeleer, l'ex-échevin des Sports et des Bâtiments, ne sera pas présent puisqu'il n'a pas interjeté appel et qu’il est toujours sous certificat médical. Il avait écopé d'une peine de 4 ans de prison avec sursis et 16.500 euros d'amende.

 

"Des hommes détruits"

Ce lundi, ce sont les ex-échevins Serge Van Bergen et André Liesse qui défendront leurs droits. Ils ont tous deux été condamnés à 6 mois de prison avec sursis. Les deux hommes clament qu’ils ne se sont pas enrichis sur le dos de la Carolorégienne et veulent être blanchis. "Ils ont été détruits. Et face à cette destruction de leur image, de leur santé, vis-à-vis de leur famille et de leurs amis, ce procès en appel est une question d’honneur", a expliqué Pierre-Jean Demine, leur avocat, au micro de Nathalie Pierrard pour Bel RTL.

 

"Pas de volonté de nuire"

Ce qui est évident au regard de maître Demine, c’est qu’il n’y a a jamais eu intention de nuire. "Concernant monsieur Van Bergen qui devaient répondre de 16 préventions, il a été acquitté pour 14 préventions, ce qui est quand même significatif. Et les deux seules préventions pour lesquelles il a été condamné sont des préventions techniques. C’était cette fameuse mutualisation des risques qui avait un objectif social et non pas une volonté de nuire", a encore explicité leur avocat.

 

Rappel des faits

Le scandale de "La Carolorégienne" avait éclaté en octobre 2005, quand un rapport de suivi d'audit de la Société wallonne du Logement (SWL) avait révélé une série de malversations et de dépenses injustifiées. Claude Despiegeleer avait été placé sous mandat d'arrêt et amené à démissionner. Serge Van Bergen, André Liesse et Francis Poty l'avaient imité, sous le coup des mêmes inculpations d'abus de biens sociaux, de faux et usage de faux et de détournements par fonctionnaire public. Alors ministre-président de la Région wallonne, Jean-Claude Van Cauwenberghe avait démissionné lui aussi, sous la pression de ceux qui lui reprochaient sa trop grande proximité avec Claude Despiegeleer.

Dans son jugement, la 10e chambre correctionnelle de Charleroi avait épinglé Despi pour "ses dépenses multiples (restaurants, vins, voyages, travaux privés effectués par les ouvriers, etc.), réalisées dans son propre intérêt et sans rapport avec l'objet social de la société". André Liesse, Serge Van Bergen et Francis Poty avaient par contre été acquittés des abus de biens sociaux: ils s'étaient fait rembourser des frais privés, mais à des doses insignifiantes n'établissant pas la prévention.