Me Jean-Jacques Vandenbroucke, conseil de Naïma Zraidi, s'est adressée non pas aux jurés mais à sa cliente en louant son courage et sa dignité face à cette épreuve. L'avocate a mis en exergue l'épreuve terrifiante pour une mère qui a perdu un enfant d'être accusée du crime. "Tu gardes le cap malgré les tourments de la procédure. Tu as beaucoup pleuré. Je t'avais prévenue, tu vas sûrement encore pleurer souvent", a affirmé l'avocate. Après avoir longuement rappelé le parcours de cette mère, accusée du meurtre de son fils, puis de non assistance à personne en danger, incarcérée puis libérée et enfin innocentée par la chambre des mises en accusation, l'avocat a mis en exergue les lacunes de l'instruction et souligné l'absence de preuves matérielles.

Selon l'avocat, Naïma se pose encore de nombreuses questions sur les raisons pour lesquelles le périmètre d'investigation des enquêteurs s'est limité à la demeure familiale. "Un machine judiciaire qui s'est emballée et a dérapé", a affirmé Me J-J Vandenbroucke. Lors de leur délibération, l'avocat a demandé aux jurés de tenir compte de l'intime conviction de sa cliente selon laquelle son mari n'est coupable de rien. "Parce que s'il l'avait fait, elle le saurait", a répété Me J-J Vandenbroucke.

 

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La partie civile pointe l'acharnement des enquêteurs

Karim Itani, conseil de Wasir (11 ans), le frère aîné de Younes, s'est insurgé contre la manière dont les inspecteurs ont mené les auditions de son jeune client. L'avocat est revenu sur les auditions vidéo filmées de Wasir, qu'il a qualifiées de "musclées". "Wasir, 8 ans et 9 ans lors de la seconde audition subie, cloué sur une chaise. Durant deux heures des questions incessantes, insidieuses et incisives. Je ne m'explique pas cet acharnement", a indiqué l'avocat. Karim Itani a rappelé que sa mission était de veiller et défendre les intérêts du jeune garçon. Dans le cas où Mohamed Jratlou serait acquitté, sa mission s'arrêterait là. Dans le cas contraire, il pourrait demander des dédommagements. Hors caméra, l'enquêteur aurait dit à Wasir qu'il allait être placé en famille d'accueil parce qu'il avait menti.

Fin de matinée, la parole était au ministère public représenté par Ingrid Godart, avocate générale.