Les jurées de la cour d'assise de Mons se retireront ce matin pour délibérer sur la culpabilité de Mohamed Jratlou. L'accusé doit répondre du meurtre de son fils Younes, 4 ans, retrouvé le 10 novembre 2009 dans les eaux de la Lys, à Comines, deux semaines après sa disparition. Après une courte explication d'usage, les jurés entreront en délibération après un procès où les zones d'ombre ont joué un rôle prépondérant mais diamétralement opposé selon la défense ou l'accusation.

 

12 éléments de preuve "irréfutables" ?

Hier ont eu lieu les plaidoiries et le réquisitoire. Pour l'avocate générale, la culpabilité de Mohamed Jratlou ne fait aucun doute. Elle a cité 12 éléments de preuve "irréfutables", d'abord les zones d'ombre dans l'emploi du temps de l'accusé la nuit de la disparition de Younes, les traces de sang de l'enfant dans la maison, et la personnalité facilement débordée du papa. Elle a requis un verdict de culpabilité pour meurtre.

 

Une enquête bâclée?

L'avocat de la maman a rappelé aux jurés que Naïma Zraïdi était convaincue de l'innocence de son mari. Il a dénoncé une enquête bâclée qui a d'emblée privilégié la piste familiale.

 

Vers une erreur judiciaire?

"Nous risquons de commettre une terrible erreur judiciaire." Maître Magnée, l'avocat de Mohamed Jratlou a entamé sa plaidoirie par ces mots. Pour l'avocat, le réquisitoire ne tient pas debout car les traces de sang dans la maison ne constituent pas une preuve et parce que Younes a pu sortir pour retrouver sa mère qui s'était enfuie après la dispute. Selon maître Magnée, la piste de l'enlèvement par un prédateur n'a pas été suffisamment explorée. Selon maître El Malki, l'autre avocat de Mohamed Jratlou, aucun élément n'établit que son client a tué Younes. Pour l'avocat, il n'y a pas de mobile.