Ce sont des images plutôt interpellantes. Sur une vidéo diffusée sur le site Youtube, on aperçoit un personnage représentant notre Premier ministre Elio Di Rupo. Il est traîné par plusieurs hommes dans une pièce lugubre et visiblement à l'abandon, avant d'être ligoté sur une chaise. Une arme à feu est posé sur sa tempe. La tension est palpable. Les preneurs d'otage forcent alors le Premier ministre à lire à voix haute un message: "Les centrales nucléaires resteront ouvertes dix années de plus".

Intitulé "Electrabel prend Elio Di Rupo en otage", il s'agit en fait d'un clip réalisé par Greenpeace pour sensibiliser notre gouvernement au nucléaire. A la fin de la vidéo, une communication est adressée directement à l'homme au papillon: "Elio ne te laisse pas prendre en otage par la mafia du nucléaire. Sortons du nucléaire."

 

"Une surenchère dans l'exploitation de personnalités"

L'association écologiste milite ainsi de façon choc en faveur de la sortie du nucléaire en détournant l'image de nos hommes politiques. Une pratique qui n'est pas neuve mais, dans ce cas-ci, une nouvelle barrière est franchie. Comme l'a souligné Marc Lits, directeur de l'Observatoire du récit médiatique à l'UCL, ce mardi matin sur Bel RTL, la violence est utilisée."Ce qui est frappant, c'est une forme de surenchère dans l'exploitation de personnalités dans un clip qui est ici assez violent et qui joue sur une forme d'enlèvement. Comme s'il fallait chaque fois aller un cran plus loin pour assurer le buzz."

 

Une stratégie qui fonctionne

L'objectif de ce clip est en effet de choquer afin d'attirer le plus possible d'internautes. Une stratégie qui est souvent privilégiée par l'ONG. "Pour Greenpeace et ce genre d'organisations, ce type de méthode fonctionne bien parce qu'ils arrivent à faire des coups réguliers, comme lorsqu'ils escaladent par exemple une centrale nucléaire. Cela ne peut fonctionner que si tous les trois mois on relance le coup médiatique. Cela fonctionne puisqu'ils ont beaucoup d'adhérents. Ils sont donc confortés dans leur stratégie", a estimé Marc Lits. 

Pour le moment, ni Elio Di Rupo ni Electrabel n'ont commenté ces images.