Les parties civiles ont décidé de se pourvoir en cassation contre la libération conditionnelle de Michèle Martin, mardi dès l'annonce du tribunal d'application des peines de Mons. Quelques heures plus tard, c'est Claude Michaux, procureur général de Mons, qui a décidé de se pourvoir en cassation. La différence entre Claude Michaux et les parties civiles, c'est que son pourvoi en cassation est suspensif. Cela signifie donc que tant que la Cour de cassation n'aura pas rendu un verdict, Michèle Martin ne sera pas libérable. La Cour de cassation dispose de 30 jours pour se prononcer.

 

Les chances sont "minces"

Me Georges-Henri Beauthier, avocat de victimes de Marc Dutroux et Michèle Martin, avait déjà introduit un pourvoi en Cassation, mardi, suite à cette décision de libérer Michèle Martin sous conditions. "Nous avons introduit un pourvoi juste après que la décision a été rendue. Nous rédigerons le mémoire ultérieurement car nous n'avons pas encore reçu le jugement. C'est un peu comme si j'allais annoncer dans un hôpital que mon frère était blessé mais en son absence", a commenté l'avocat de Jean-Denis Lejeune et Laetitia Delhez.

Me Beauthier a demandé à la présidente du tribunal une copie du jugement mais cette faveur lui a été refusée par écrit. Lors de l'examen de la dernière demande de la libération de Michèle Martin, le TAP avait refusé d'accorder aux parties civiles le droit de prendre connaissance du plan de réinsertion déposé par la défense.

Quelles sont les chances d'aboutir de ce pourvoi en cassation ? Elles sont minces selon l'avocat pénaliste Olivier Martin invité sur le plateau de l'édition spéciale ce mardi midi. Il ne s'agit pas d'un appel. On ne revoit pas la décision sur le fond. "On revoit la forme et la motivation de la décision. Cela peut être une signature manquante, une contradiction", a expliqué le spécialiste ajoutant qu'il était rare qu'un pourvoir en cassation aboutisse. "On peut estimer que la libération est acquise", a-t-il estimé.

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Débat au couvent de Malonne

Si elle est libérée, Michèle Martin sera accueillie au couvent de Malonne. A la sortie du tribunal d'application des peines mardi matin, Thierry Moreau, avocat de Michèle Martin a lu un communiqué de Soeur Christine, abbesse des clarisses de Malonne . "Notre chemin communautaire a croisé celui de Madame Martin à travers la demande de ses avocats. Ce fut un défi pour nous, bouleversées que nous étions par l'horrible souffrance des victimes et de leurs familles qui ont traversé l'enfer que l'on sait." Les soeurs précisent avoir cherché à vivre au mieux cette tension. "Comment porter ces deux réalités à la fois? Ce ne fut pas facile... Notre coeur de femmes en a été troublé. Nous avons choisi d'accueillir ces deux souffrances l'une avec l'autre." Les membres de la communauté du couvent de Malonne précisent aussi que chacune d'elles a pu débattre avec franchise du sujet.

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Les conditions de sa liberté

Lors de la lecture du prononcé, la présidente du tribunal d'application des peines a énoncé une à une les conditions de la liberté de Michèle Martin.

- Elle ne pourra pas commettre d'infractions
- Elle devra donner suite à toute convocation qu'elle recevra
- Elle devra communiquer tout changement d'adresse éventuel
- Elle devra poursuivre la thérapie qu'elle a débutée en prison. L'expert-psychiatre qui la suit pourra se rendre au monastère.
- Elle ne devra pas chercher à rencontrer ses anciennes victimes. Si par hasard, elle tombait sur celles-ci, elle devra s'éloigner
- Elle ne peut se rendre dans les provinces de Liège et du Luxembourg, là où résident les familles de ses victimes.
- Elle ne pourra pas établir de contact avec les médias

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Michèle Martin travaillera 4 heures par jour

Michèle Martin bénéficiera à Malonne du gîte et du couvert. En échange, elle devra travailler 4 h par jour et ce 5 jours par semaine.  A Namur, les autorités n'étaient pas au courant de la venue prochaine de Michèle Martin. Le bourgmestre de Namur, Maxime Prévot, vient d'être prévenu par Myrie Huyse pour la rédaction de Bel RTL: "Je n'ai pas d'autorité directe pour pouvoir interférer dans quelconques décisions de justice. Il est certain qu'à partir du moment où ce genre de décision, car Michèle Martin n'est pas un personnage comme un autre, est susceptible de générer des troubles de l'ordre public, il aurait été de bon ton que le pouvoir judiciaire, comme les autorités des soeurs Clarisses prennent la peine de m'en informer au préalable plutôt que de me mettre devant le fait accompli."   

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