La communauté des soeurs Clarisse du couvent de Malonne a accepté d'accueillir Michèle Martin dans la province de Namur. L'abbesse a détaillé la décision dans un communiqué lu ce matin par Thierry Moreau, l'avocat de l'ex-épouse de Marc Dutroux, à la sortie du tribunal d'application des peines de Mons. "Notre chemin communautaire a croisé celui de Madame Martin à travers la demande de ses avocats. Ce fut un défi pour nous, bouleversées que nous étions par l'horrible souffrance des victimes et de leurs familles qui ont traversé l'enfer que l'on sait." Les soeurs précisent avoir cherché à vivre au mieux cette tension. "Comment porter ces deux réalités à la fois? Ce ne fut pas facile... Notre coeur de femmes en a été troublé. Nous avons choisi d'accueillir ces deux souffrances l'une avec l'autre." Les membres de la communauté précisent aussi que chacun d'elles a pu débattre avec franchise du sujet. Onze sœurs belges et françaises vivent au couvent de Malonne où la communauté de ces soeurs fransiscaines existe depuis 1903. Une loi d'expulsion des religieux de France serait à la base de sa création. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que son développement sera remarqué. Les clarisses de Malonne mènent une vie simple centrée sur la prière et la vie fraternelle. Comme de nombreuses communautés catholiques, leurs portes sont ouvertes à tous.
Elles voient aussi en tout homme un frère
Le message des sœurs Clarisses est "l'amour de la pauvreté par amour du Christ". Les religieuses bannissent toute propriété individuelle ou collective et le mode de vie de leur communauté est basé sur l'Évangile. Elles voient aussi en tout homme un frère.
L'exemple de François et de Claire d'Assise
Les religieuses suivent l'exemple de François et de Claire d'Assise. Pour ces femmes, ils représentent de véritables modèles car au 13ème siècle, François d'Assise a refusé le pouvoir, la richesse et l'esprit de croisade. L'homme de foi a exclu de sa vie tout esprit d'appropriation des richesses de la terre et de domination, selon le site de la famille franciscaine .
Un message de pauvreté
En 1212, Claire d'Assise, séduite par le message de pauvreté de François d'Assise, a fait sa profession religieuse devant lui. Elle a coupé ses cheveux et a revêtu la bure (tissu de laine assez grossier qui sert de base à la confection de vêtements pour les religieux). Claire a fait partie de la vie religieuse des bénédictines mais à la demande de François, elle a créé l'Ordre des Pauvres Dames en se basant sur le mode de vie de l'Ordre des frères mineurs ou franciscains. La religieuse et ses sœurs ont alors résidé au couvent Saint-Damien d'Assise.
Une règle plus douce
Les amies et la mère de Claire ont rejoint le couvent alors en plein développement. Le pape Innocent IV a approuvé ce nouvel ordre peu avant la mort de la sainte. En 1263, le Pape Urbain IV a adouci la règle donnée à Sainte Claire par Saint François d'Assise en permettant aux religieuses de recevoir des dons et de posséder des biens et des revenus, selon Wikipédia.
Pas l'unanimité
Les adoucissements apportés par les Clarisses à leur règle n'ont pas fait l'unanimité. Sainte Colette a voulu ramener leur Ordre à la rigueur de la règle initialement établie par sainte Claire. Le pape Benoît XIII a soutenu la religieuse. Elle a été nommée abbesse des couvents qu'elle fondera par le Pape Martin V.
Le retour de la règle d'origine
Sainte Colette a créé de nouveaux monastères en Franche-Comté, Bourgogne, Bourbonnais et au Puy. D'autres monastères se sont aussi greffés au mouvement. Ces clarisses de stricte observance portent le nom de Colettines. Peu à peu, tout l'Ordre des Clarisses est revenu à l'esprit de la règle d'origine de Saint François et Sainte Claire.
Sœurs et pauvres
De nos jours, sœurs et pauvres, sont les mots qui représentent le mieux les sœurs du couvent. Sainte Claire d'Assise qui a donné ses règles de vie au monastère a choisi ces deux symboles pour désigner le mode de vie de cette communauté religieuse.












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