"Ca me parait assez logique" a déclaré Carine Couquelet, avocate pénaliste invitée sur la plateau de l'édition spéciale sur RTL-TVI, à propos de la décision prise par la présidente du tribunal d'application des peines de Mons de libérer Michèle Martin, l'ex-épouse de Marc Dutroux, après 16 ans de détention. "Elle a purgé plus de la moitié de sa peine, pratiquement 16 ans sur 30, c'est assez logique, c'est la loi sur la libération conditionnelle. À partir du moment où elle remplit les conditions, il n'y a pas de raison que le tribunal d'application ne lui donne pas sa chance, sous réserve du respect des sept conditions énoncées par le tribunal" a expliqué l'avocate.

 

"Je peux comprendre que ça choque l'opinion publique"

L'autre avocat pénaliste, Olivier Martins, n'a pas dit autre chose, insistant sur le fait qu'il existait une loi et qu'elle s'appliquait à tous. La décision de ce matin est "l'application de la loi", a-t-il dit. "Il y a une loi. C'est le pouvoir judiciaire qui prend la décision et non plus le pouvoir exécutif comme c'était le cas auparavant (NDLR: le tribunal d'application des peines, le TAP a été créé en 2007)", a rappelé l'invité de l'édition spéciale sur RTL-TVI. "À partir du moment où il y a une loi, elle s'applique, même pour Michèle Martin pour laquelle je n'ai aucune sympathie mais qui mérite, si les conditions sont respectées, de retrouver la liberté. Je peux comprendre que ça choque l'opinion publique mais il y a une loi, c'est pour qu'elle soit appliquée par tous et pour tous", a-t-il insisté.

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La libération conditionnelle n'est pas une obligation

"La libération conditionnelle n'est pas un cadeau. Ce n'est pas non plus une obligation, ce n'est pas automatique", a cependant précisé Carine Couquelet avant d'ajouter que la décision de libérer un détenu en conditionnelle était soumise à de nombreux facteurs. "Le tribunal d'application des peines vérifient toutes sortes de conditions avant de prendre sa décision: il y a donc des conditions de temps (un tiers de la peine, deux tiers pour un récidiviste), un rapport psycho-social est établi, il y a des conditions de fonds, on examine les perspectives de réinsertion psycho-social", a expliqué l'avocate pénaliste.

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Peines incompressibles ?

Nombreux sont les citoyens à réclamer des peines incompressibles comme en France. Olivier Martins a estimé qu'on ne réglait pas le problème avec des peines compressibles. "Regardez en France, est-ce que ça va mieux qu'en Belgique parce qu'on a des peines incompressibles ?" a-t-il demandé, ajoutant que le "tribunal d'application des peines (NDLR: TAP, créé en 2007) évalue une personne qui a le droit de changer le temps, y compris mademoiselle Martin".