Alors qu'il y a dix jours à peine, les soeurs clarisses avaient tenu à démentir la venue de Michèle Martin dans leur couvent, qu'elles qualifiaient de rumeur, Paris Match nous apprend aujourd'hui jeudi, dans une interview du cousin de l'ex-femme de Michel Dutroux, que les sœurs et Michèle Martin étaient déjà en contact depuis plus de 10 ans. Les sœurs clarisses auraient-elles menti?

 

"J'ai emporté ce qui lui appartenait au couvent de Malonne"

Cousin de Michèle Martin, le témoin cité par Paris Match insiste sur la fiabilité de ses déclarations. En effet, éduquée par sa tante jusqu'à ses quatre ans, Michèle Martin et lui se connaissent depuis leur naissance. "Je suis bien placé pour savoir que les contacts de Michèle avec les Clarisses sont anciens", a-t-il expliqué.

Une relation dont la durée et l'ampleur inavouée voire démentie interpelle le témoin, puisque selon lui, ces relations étaient déjà intimement établies depuis plus de dix ans. "A la mort de sa mère, en janvier 2000, Michèle m'a demandé de gérer la succession. Elle a renoncé à l'immeuble en faveur de ses enfants. Cependant, un certain nombre de meubles, d'appareils électro-ménagers et autres objets sont restés sa propriété. Un an après le décès de ma tante (...), j'ai emporté ce qui lui appartenait au couvent de Malonne. C'est Michèle qui m'a donné l'adresse. Cela se passait donc en 2001, bien avant le début du procès d'Arlon".

 

D'autres affaires des plusieurs détenus

La nature des relations entre Michèle Martin et les sœurs clarisses ne s'apparentaient pas seulement à celles d'une dame louant un entrepôt à au propriétaire de celui-ci: "Michèle m'a dit qu'elle recevait un soutien moral de ces religieuses qui la visitaient en prison. Je suis arrivé au couvent avec une pleine camionnette. On m'a demandé de tout déposer dans un grenier." Grenier dans lequel le cousin de Michèle Martin a constaté la présence d'autres affaires qui appartenaient également à des détenus. "L'année dernière", précise-t-il, "j’avais été surpris que soit évoquée une possibilité d'hébergement de Michèle Martin dans un couvent français alors que toutes ses affaires se trouvaient déjà à Malonne."

 

Plusieurs versions de la part des soeurs clarisses

En opposition à ces théories, les soeurs clarisses tentent tant bien que mal de convaincre la Belgique que ces drôles de coïncidences sont bien hasardeuses. Le 28 juillet dernier, elles avaient tenu à "démentir la rumeur" de l'arrivée de Michèle Martin dans leur couvent de Malonne, bien que trois jours plus tard, les religieuses expliquaient dans un communiqué qu'elles avaient "longtemps mûri leur décision et opté pour la solution de la dernière chance pour la condamnée".

Dans cette deuxième version, l'hébergement de la potentielle libérée conditionnelle aurait été envisagé en 2011, après que les avocats de l'ex-femme de Marc Dutroux leur auraient fait part de "l'impasse" dans laquelle se trouvait leur cliente, vu le refus des autorités françaises de l'accueillir sur leur territoire. "Nous espérions que les instances prévues à cet effet allaient lui procurer un lieu d'accueil. Mais il n'a pas été possible de trouver ce lieu (...) nous avons longuement discuté en communauté et (...) nous sommes arrivées à la conviction qu'il fallait dire oui à cette demande."

 

Une situation enviable

Ainsi, Michèle Martin pourrait se trouver dans une situation que d'aucuns pourront lui envier: quelques pièces, aménagées par des objets lui ayant appartenus, dans une maison typique de la campagne ainsi que le soutien moral de plusieurs femmes, contre quelques tâches domestiques du quotidien.

À ce propos, rappelle Paris Match, l'intéressée avait déjà durant son procès précisé sa volonté de se retirer dans un couvent ainsi que de passer ses congés pénitentiaires dans le monastère des Clarisses, ce qui lui avait été refusé par le tribunal du fait de la trop grande proximité du lieu avec les résidences de certaines victimes ou parents de celles-ci.

Le cousin de Michèle Martin n'a plus de contacts avec elle depuis le procès d'Arlon, en 2004.