Un nouveau témoin est apparu dans l’affaire Dutroux, offrant des révélations inédites au sujet de Michèle Martin. Il s'agit de son cousin, ayant partagé son enfance avec elle: celle-ci a vécu à Vilvorde sous le toit de son cousin et de sa tante, sœur de sa mère, jusqu’à ses 4 ans. "Sa maman travaillait encore à cette époque. Ensuite, les Martin sont partis s’installer à Waterloo parce que ma tante était en quête d’une meilleure image sociale", explique-t-il pour Paris Match.

 

Mère capricieuse, enfant étoufé

L'homme explique l’étouffement psychologique dont a été victime sa cousine durant son enfance et son adolescence. Il raconte concernant sa tante que deux ans après son déménagement, "la mort accidentelle de son mari, un homme soumis qui faisait ses quatre volontés, a tout fait basculer".

Il pointe cet incident comme point de bascule dans la vie de Michèle Martin puisque sa mère "n’a jamais voulu refaire sa vie, se rabattant sur Michèle de manière excessive et étouffante". Il précise d’ailleurs que d’après lui, ceci a conduit sa cousine à ne rien savoir de la vie et du monde extérieur, notamment quand elle est tombée "dans les griffes de Dutroux".

 

De manipulée à manipulatrice

Le témoin souligne que "le fait d’avoir été un oiseau pour le chat ne peut tout excuser", déplorant que de "manipulée", elle soit passée à "manipulatrice". En 1992, alors qu'elle venait de sortir de prison après avoir été condamnée pour des faits d'enlèvements et de séquestration déjà commis avec Dutroux, "elle m'avait semblé être complètement déconnectée de la réalité, sans aucun sens de la gravité de ce qui avait été commis", affirme son cousin, "elle blaguait, elle riait. Ce n'était clairement pas un sujet de préoccupation."

 

Déterminée dans l'organisation de sa défense

Concernant son arrestation en 1996, le témoin affirme en aucun cas n’avoir pu imaginer que Michèle Martin puisse être à l’origine de l’enlèvement de Julie et Mélissa, malgré ses antécédents. "Cela nous est tombé dessus comme une bombe", assure-t-il.

L’effet de surprise ne l’a pas empêché de critiquer vivement sa cousine. "Je n'ai pas entendu un mot de compassion pour les victimes. Pas de larmes, sauf pour elle-même. Surtout pas d'autocritique. Dans son discours, la victime, c'est elle", s’indigne-t-il.

"De fait, je n'ai pas parlé à une femme déstabilisée et fragilisée qui avait perdu la tête. Au contraire, cette Michèle de l'après 1996 m'a semblé déterminée dans l'organisation méthodique de sa défense. Laquelle consistait à répéter à l'envie qu'elle n'était en rien responsable de toutes les horreurs qui avaient eu lieu (...) Elle ne se sentait pas coupable.", ajoute-t-il.

 

"Cette froideur m'a glacé le sang"

Le cousin de Michèle Martin n'a plus de contacts avec elle depuis le procès d'Arlon, en 2004. "Lors du procès d’Arlon, j’ai encore essayé de l’interpeler, l’invitant à tout dire pour soulager sa conscience. Mais je me suis heurté à un mur. Je me souviens d’un silence interminable dans le tribunal. Elle est restée impassible. Cette froideur m’a glacé le sang et m’a détourné d’elle".

La porte n'est pas totalement fermée, précise-t-il, mais il faudrait qu'elle prenne "enfin la mesure de la gravité de ses actes, qu'elle exprime de vrais regrets, ces mots de repentir que je n'ai jamais entendus dans sa bouche. J'exigerais surtout qu'elle dise enfin toute la vérité".