Le détenu condamné en juin 2004 à la perpétuité, notamment pour 5 assassinats, entre en effet bientôt dans les conditions d'une telle demande, à savoir six mois avant avoir effectué le tiers de sa peine. Un avis devra être rendu par la direction de la prison de Nivelles, où il réside actuellement, et par le ministère public, ce qui peut prendre plusieurs mois, a ajouté Laurent Sempot. Le tribunal de l'application des peines prendra alors ensuite la décision de le placer effectivement ou non sous surveillance par bracelet électronique, celui-ci n'étant pas lié aux avis rendus par les deux instances.

 

Quelles conditions?

Les avis seront basés sur plusieurs conditions. Tout d'abord, s'agissant d'un délinquant sexuel, un avis spécialisé en la matière devra être rendu. Ensuite, la possibilité de réinsertion dans la société sera examinée par le biais de différents critères: logement, emploi du temps, travail, revenus... De plus, le détenu doit présenter un comportement qui ne risque pas d'importuner les victimes. Enfin, il devra être assuré qu'un risque de récidive soit totalement écarté.     

 

Réclusion à perpétuité et d'une mise à disposition du gouvernement pendant une période de dix ans

En juin 2004, Marc Dutroux a été reconnu coupable d'assassinats, d'être le chef d'une association de malfaiteurs impliquée dans les enlèvements d'enfants, d'enlèvements, de séquestrations, de viols avec tortures et de trafic de drogue.  Il avait alors écopé de la réclusion à perpétuité et d'une mise à disposition du gouvernement pendant une période de dix ans. En 1998, Marc Dutroux a également commis plusieurs délits lors de son évasion du palais de justice de Neufchâteau. Il avait été condamné en 2000 à cinq années de prison ferme supplémentaires pour avoir attaqué des gendarmes et dérobé une arme puis une voiture.  

 

"Je suis surpris"

"Je suis surpris à cause du fait qu’on n’en a jamais discuté et qu’il a pris cette initiative sans me mettre au courant. D’un autre côté, je ne suis pas surpris parce que ça ne me surprend pas qu’il l’ait fait. C’est seulement le moment qui est un peu surprenant pour moi, mais je sais qu’il a toujours dit qu’il avait les mêmes droits que les autres détenus et qu’il allait donc le faire tôt ou tard. Il a toujours cette idée que tôt ou tard on doit le remettre en liberté. Je pense que si l'on est un peu réaliste en tout cas le moins qu’on puisse dire sur cette demande c’est qu’elle arrive un peu tôt", a expliqué Me Boudewijn, avocat de Marc Dutroux, au micro d'Alexandre Carette pour Bel RTL.    

 

"Six mois avant avoir effectué le tiers de sa peine, à savoir avril 2013"

Le moment où le détenu est théoriquement libérable est calculé selon divers critères, comme la récidive. Cette date théorique de libération sous conditions arriverait bientôt. "Six mois avant avoir effectué le tiers de sa peine, à savoir avril 2013", précise Laurent Sempot. Le 31 juillet dernier, le tribunal d'application des peines de Mons a décidé que Michèle Martin était libérable sous conditions. Cette décision a été confirmée par la Cour de cassation le 28 août. Elle réside actuellement au couvent des Clarisses à Malonne (province de Namur). Les demandes de libération de Michèle Martin avaient auparavant été refusées à trois reprises.

 

"Je ne suis  pas du tout étonné"

"Je ne suis  pas du tout étonné, puisqu’en l’état actuel des choses, la loi lui permet de demander sa liberté conditionnelle. Je rappellerai quand même que la liberté conditionnelle n’est pas une faveur, mais c’est un droit. Il rentre maintenant dans les conditions pour demander sa libération conditionnelle. C’est pareil pour tous les prisonniers. C’est pour ça que j’ai demandé qu’on légifère sur cette loi pour que des criminels qui commettent des crimes aussi graves ne soient pas remis en liberté aussi vite. J’y suis bien sûr opposé, mais je ne suis pas étonné de la démarche puisque la loi l’y autorise. Il va bien sûr profiter des mailles du filet qui sont encore relativement larges pour essayer de passer. Il faut absolument que nos politiciens prennent leur courage à deux mains et votent le plus vite possible ces lois afin que Dutroux puisse tomber dans cette réglementation", a expliqué Jean-Denis Lejeune, interrogé par Michel De Maegd lors du Journal de 19h.

 

 

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