Les avocats de Fouad Belkacem ont requis l'acquittement de leur client devant le tribunal correctionnel d'Anvers. Ils contestent le fait que leur client ait incité à la violence et à la haine dans son message diffusé sur le site internet YouTube le 1er juin. "Notre client y cite des versets du Coran et prie pour faire arrêter les injustices contre les musulmans. Il n'a jamais appelé à y donner une suite physique", plaide l'avocat Walter Damen.


Des versets du Coran aussi lu dans les mosquées

La défense ne nie pas que Fouad Belkacem avait bien l'intention de provoquer dans son message, mais les versets du Coran qu'il utilise sont également cités par les imams tous les vendredis dans les mosquées. Son avocat Sven Mary se demande également si les échauffourées du 1er juin étaient bien une conséquence du film posté sur YouTube, ou bien si elles ne sont que la suite des incidents survenus le 31 mai, avant la diffusion de la vidéo.  


Il a diffusé "des films contre la violence"

Après la plaidoirie de la défense, la présidente avait encore quelques questions pour Belkacem. Elle voulait savoir si le prévenu se rendait bien compte que de tels messages vidéo pouvaient être interprétés comme des appels à la violence et à la haine, même si ce n'était peut-être pas là son intention. Fouad Belkacem a répondu que c'est pourquoi il avait ensuite diffusé quatre autres films dans quatre langues pour condamner les violences.


"Je veux mener une vie normale et calme"

La présidente l'a également interrogé par rapport à ses futurs plans. "Ma femme a accouché et je n'ai pas encore vu mon fils parce que j'étais en prison. Je veux être un père pour mon enfant et je vais essayer de mener une vie normale et calme", a-t-il déclaré.


Sharia4Belgium, "un contrepoids" face à l'islamophobie

"Sharia4Belgium a été démantelé et je n'ai plus de contact avec les anciens membres. Nous avons essayé d'être un contrepoids face aux groupes islamophobes et nous utilisions dès lors des méthodes provocatrices, comme d'autres organisations le font, mais je pense que la société belge n'était pas encore prête pour ça. Dès lors, c'était sans doute une décision sage de démanteler Sharia4Belgium."

Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme s'est constitué partie civile et demande un dédommagement symbolique d'un euro. Le jugement doit être rendu le 30 novembre.