Une victime de viol pourrait être condamnée à payer les frais d'expertise de son affaire, estimés à plus de 5.000 euros, rapporte Le Soir samedi. La jeune femme, violée en 2009, est en fait victime d'erreurs de procédure. Le jean's qu'elle avait abandonné sur les lieux du crime en s'enfuyant est resté rangé dans un sac de pièces à conviction pendant près d'un an, rendant inutilisables les éventuelles traces d'ADN du violeur.

 

Pas de coupable, c'est donc à elle de payer

Les faits sont avérés et pour mettre toutes les chances de son côté, la jeune femme s’est portée partie civile et a demandé des analyses ADN sur le pantalon qu’elle portait le jour du viol, mais le coupable n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, c’est à elle de payer plus de 5.000 euros pour rembourser les frais de justice. "La loi prévoit que lorsqu’une personne introduit une action judiciaire, c’est-à-dire quand on se constitue partie civile entre les mains d’un juge d’instruction, ce n’est pas seulement déposer plainte auprès des services de police, la partie civile qui va perdre le procès devra payer l’intégralité des frais de justice", a expliqué Laurent Kennes, avocat de la victime, au micro de Charlotte Notteghem pour RTL TVI.

 

Cela va décourager les femmes violées de porter plainte

Mais pour les associations qui viennent en aide aux victimes, cela va décourager les femmes violées de porter plainte. "Cette affaire est hallucinante. On n’a jamais vécu cela. L’État, cette fois-ci semble avoir considéré qu’il ne s’agissait pas d’une affaire ressortissante à la collectivité, mais à une personne particulière. C’est consternant", a déclaré Catherine François, présidente de SOS-Viol.

 

Son avocat est confiant

La jeune femme a contesté l’ordonnance de non-lieu. La cour d’appel de Bruxelles statuera le 13 février, mais son avocat est confiant. Par le passé, la cour a déjà effacé l’ardoise de victimes de viol.