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Les dérapages du prince Laurent peuvent-ils pousser à l'abolition de la monarchie? "C'est un argument supplémentaire"

 

Le Premier ministre, Charles Michel entend infliger une "sanction proportionnelle" à l'égard du prince Laurent. Celui-ci a été photographié fin juillet à l'ambassade de Chine, lors d'une cérémonie marquant le 90e anniversaire de la fondation de l'armée chinoise. Le Premier ministre a indiqué qu'il allait proposer une procédure de sanction devant le gouvernement. Il pourrait perdre une partie de sa dotation en 2017.


Un incident évite de justesse: Laurent aurait accepté une invitation de partisans d'Erdogan

Selon le journal Le Soir, un autre incident a été évité il y a quelques semaines. Le prince Laurent aurait en effet accepté une invitation émanant des partisans du président Erdogan d’aller parler devant la communauté turque. Mais le gouvernement l’a appris et a pu l’empêcher. Laurent n’y est donc pas allé.


Toute rencontre avec des dignitaires étrangers doit être autorisée par le gouvernement

Toute rencontre officielle d'un membre de la famille royale avec des dignitaires étrangers est soumise à l'autorisation préalable du gouvernement et dans ce cas, il n'avait demandé aucune autorisation.

Contacté par nos soins, le prince Laurent affirme qu'il a répondu à une invitation personnelle. Lorsque nous lui avons demandé s'il a obtenu l'autorisation du gouvernement fédéral pour participer à cet événement, le prince Laurent a coupé court à la conversation.


Une sanction décidée en concertation avec le roi Philippe

Suite à plusieurs incidents, le Premier ministre Charles Michel avait signifié à Laurent qu'il ne pouvait plus rencontrer de dignitaires étrangers, au risque de perdre sa dotation annuelle de 308.000 euros par an.

C'est en concertation avec le roi que Charles Michel a pris la décision de demander une sanction. Cette décision a ensuite été soutenue par les partis Open VLD (libéraux flamands) et CD&V (chrétiens-démocrates flamands), tous deux membres du gouvernement fédéral.

Le prince Laurent a toujours eu du mal à trouver sa place au sein de la famille royale, dont il est depuis sa prime jeunesse considéré comme "l'enfant terrible", en raison notamment de ses nombreux excès de vitesse et de certaines déclarations.


Du pain béni pour les partis anti-monarchie?

A plusieurs reprises, différent partis politiques du nord du pays ont réclamé la réouverture du débat sur la dotation des princes non-héritiers et c'est à nouveau le cas aujourd'hui Alors ce nouveau dérapage du Prince Laurent aura-t-il des conséquences? Est-ce du pain béni pour ces partis? La réponse de Pierre Vercauteren, politologue à l'UCL Mons. Il est interrogé par Céline Praile.

"Pour tous ceux qui souhaitent à termes, l'abolition de la fonction royale, effectivement c'est un argument supplémentaire", commente Pierre Vercauteren. "Mais on peut considérer que l'analyse peut être faite à deux niveaux. D'abord au niveau du gouvernement, cela est de nature à susciter certaines tensions de la part des partis les plus républicains. Ils entendent utiliser cet argument dans l'immédiat pour remettre en cause les dotations du côté du prince. À plus long terme, c'est une étape supplémentaire dont ils pourront se saisir pour soulever la question plus fondamentale de la fonction royale de manière générale, en utilisant les arguments qu'est en train de leur fournir le prince Laurent", décrypte le spécialiste.


"Cette dotation est considérée comme un revenu professionnel"

Pour rappel, depuis 16 ans, le prince Laurent de Belgique perçoit une dotation annuelle. Dans la loi du 21 juillet 2013, cette somme a été fixée à 308 000€, un montant qui diminuera progressivement jusqu’en 2019. L’utilisation de cet argent est limitée par des conditions précises. "Cette dotation est considérée comme un revenu professionnel, qui pour partie est soumis à l’impôt des personnes physiques, et qui pour partie va servir à des frais de fonctionnement, par exemple du personnel. Et donc, il faut utiliser cette dotation pour réaliser des prestations d’intérêt général", détaille Marc Uyttendaele, professeur de droit constitutionnel à l’ULB.
D’ici à 2019, la dotation du Prince Laurent passera de 308 à 277 000€. Soit une économie de 30 000€ pour l’Etat belge… sans tenir compte d’éventuelles sanctions.

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