Il y a un an, notre souverain avait adressé une mise en garde sévère et inhabituelle à l'égard du monde politique enlisé dans une crise communautaire sans précédent. A l'époque, Elio Di Rupo était formateur, la N-VA avait rejeté sa note de formation et le CD&V se montrait très réticent à participer à une négociation après le 'non' des nationalistes de la N-VA.
BHV résolu
Aujourd'hui, des accords ont été conclus, un gouvernement a été mis sur pied, qui a pu confectionner un budget et lancer des réformes socio-économiques, et un premier volet de la réforme de l'État a été voté. Le discours royal résonnait donc d'une note beaucoup plus positive cette année. Le Roi s'est réjoui de ces avancées, en insistant sur l'autonomie et les responsabilités accrues offertes aux Régions et Communautés ainsi que sur la solution trouvée au "problème" de Bruxelles-Hal-Vilvorde "qui empoisonnait depuis longtemps notre vie politique".
Un programme budgétaire rigoureux
Dans le domaine socio-économique, il a évoqué un "programme budgétaire rigoureux" et des mesures structurelles prises pour faire face au vieillissement de la population et favoriser la croissance. A ses yeux, les résultats en matière d'emploi et de croissance sont d'ailleurs encourageants si on les compare aux moyennes européennes."Grâce à ces accords et à ces réformes, notre pays a regagné sa crédibilité internationale et il peut à nouveau reprendre son rôle pionnier sur le plan européen", a souligné Albert II.
Crédibilité retrouvée
Selon lui, "cette crédibilité retrouvée" permettra à la Belgique de plaider en Europe pour une "politique de croissance" à côté de la "nécessaire rigueur budgétaire", deux thèmes qui suscitent des frictions sur la scène européenne entre les tenants de l'orthodoxie budgétaire et les chantres d'une politique de relance volontaire. La Belgique a, dit-il, déjà montré l'exemple en développant une stratégie de relance à laquelle les entités fédérées et les partenaires sociaux sont associés.
Ne pas avoir de nostalgie
La 6e réforme de l'État n'est pas finie, a averti le souverain. Un deuxième volet, consacré essentiellement aux transferts de compétences et à la loi de financement, doit être traduit dans des textes. "Après avoir fait évoluer nos institutions vers une Belgique plus fédérale, veillons à présent à mettre toutes ces réformes en oeuvre, sans nostalgie et de façon efficace", a demandé le roi.
Eviter le repli sur soi et le populisme
Tout en appelant les Belges à exprimer leurs talents, Albert II a pointé du doigt deux phénomènes qui pourraient mener l'Europe et la Belgique dans l'impasse, en prenant soin de ne viser nommément personne: "Cela nous encouragera aussi à éviter le repli sur soi et le populisme. Deux tendances dont on trouve trop de manifestations aujourd'hui en Europe comme chez nous, et qui ne mènent à rien". Sur ce thème, le Roi a également répété son appel à "une plus grande ouverture aux cultures des Communautés de notre pays et des différentes nations européennes".
Le discours n'a pas été consacré uniquement à la politique et à l'économie. Albert II a commencé son allocution par une pensée aux familles qui ont perdu un enfant dans l'accident de car à Sierre.













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