Le rédacteur en chef du magazine Knack doit bien le reconnaître: il ne s'attendait pas à des réactions aussi hostiles de la part des partis flamands vis-à-vis du prince Philippe. C'est Bart De Wever qui a donné le ton en fustigeant le style du Prince héritier: "Lors d'apparitions publique, votre attitude respire l'obligation. La meilleure des choses serait de vous libérer de ce devoir" a-t-il écrit.


"Le Prince est un homme très spécial"

Le président des verts flamands, Wouter Van Besien du parti Groen! n'est pas plus tendre avec le Prince. Il lui écrit: "Reconnais-le, le pouvoir politique que tu reçois parce que tu es, par hasard, le fils de ton père, c'est quand même d'un autre temps. Ne serait-il pas temps d'en finir avec cette relique?"

A cela le rédacteur en chef du magazine Knack, Huber van Humbeeck explique ce qui l'a étonné quand il a découvert les lettres: "Ils traitent le Prince Philippe comme un homme, comme eux en fait. Ce qu'il n'est pas. C'est un homme très spécial qui n'a pas choisi son avenir. Comme Bart De Wever le dit, c'est un homme qui a un devoir".

 

Des Flamands moins agressifs

Wouter Beke, le président du CD&V et Gwendolyn Rutten sont moins agressifs dans leur propos. Même s'ils tiennent néanmoins à faire part d'un certaina malaise, parce que selon certains néerlandophones, la famille royale est trop francophile. "Au cours des dernières décennies, les Flamands ont souvent eu le sentiment que la Maison Royale n'était pas vraiment la leur", regrette Wouter Beke.

"Ne vous enfermez pas. Ne suivez pas simplement la tradition mais sortez de ce carcan. Suivez vos sentiments et apprenez à nous connaître le mieux possible", implore Gwendolyn Rutten.


Alors est-ce vraiment le Prince Philippe en lui-même qui pose question ou est-ce plutôt la monarchie?

"Moi je crois personnellement que c'est la monarchie en tout. c'est quand même une institution d'un temps passé", déplore le rédacteur en chef flamand du magazine Knack. Avant de poursuivre: "On nous a promis de changer le rôle du roi dans le processus politique en 1993. A l'époque c'est Maertens qui l'a promis et on n'a rien fait et je crois qu'il est temps de le faire" .

Cet avis tient plus du côté flamand que francophone.

 

Reportage de Benjamin Samyn et Nicolas Foulon