Les dirigeants du rail ne se remettent pas en question. Pire, ils oublient même de faire profil bas, devant les usagers en détresse. Dernier exemple en date, une campagne de pub, que la SNCB a diffusé durant le mois d’octobre… L’histoire d’un jeune couple qui attend son train….

Vous ne rêvez pas ! Grâce au retard du train, Nico a pu embrasser Emma un peu plus longtemps. Et donc vive les retards de train ! Je vous jure que c’est une vraie publicité ! Vos rendez-vous ratés, les remarques de votre patron, le prof qui vous engueule, balayés…Le retard, c’est positif, arrêtez de vous plaindre ! C’est une occasion de glandouiller un peu plus longtemps ou d’embrasser votre dulcinée encore une fois !

Mais quel manque de respect, pour tous ces étudiants ou ces travailleurs qui se lèvent aux aurores, pour prendre le train une heure trop tôt, de peur d’arriver en retard tous les jours à l’école ou au boulot !

Quel manque de respect pour les conducteurs de train aussi. Conducteurs à qui on impose des horaires trop serrés : imaginez : dès l’année prochaine, ils n’auront plus que 3 minutes entre deux trajets, pour scinder un train et faire les tests de sécurité. Plus question de passer aux toilettes en vitesse, sous peine de retarder tous les passagers !

Evidemment, quand le nouveau patron du rail, dans sa toute 1ère interview après sa nomination, se vante de ne pas prendre le train, et qu’il préfère la voiture… On ne s’étonne plus de rien !

Il y a eu le drame de Buizingen, le dossier du remplacement des systèmes de freinage, sur lequel nos chemins de fer ont toujours un train de retard ! Il y a eu le Fyra aussi. Le gouffre financier que la SNCB représente pour le budget Belge.
Et malgré tout, les dirigeants qui ont pris ces mauvaises décisions sont toujours en place, ou recasés à la tête d’autres services publics...

Deux chiffres, pour enfoncer le clou. Jusqu’ici, en 2013, la ponctualité des trains a encore reculé de 2%, et 20.000 trains ont été supprimés, c’est plus que durant toute l’année 2012. Et encore, selon Test-achats les statistiques d’Infrabel sur les retards sont largement sous évaluées…

Dans les écoles de journalisme, on vous apprend souvent qu’un train à l’heure, ce n’est pas une information.. Avec la banalisation des retards, on en vient presque à faire mentir cet adage… !