La sécurité à Bruxelles est au cœur d’une nouvelle réunion politique ce mardi soir. Cette fois, le Premier Ministre réunit les ministres fédéraux et régionaux concernés ainsi que les représentants des bourgmestres et de la police. Charles Picqué, ministre-président bruxellois, était l’invité de Bel RTL ce mardi matin pour palper la teneur que prendra cette rencontre. "Je vais dire que le problème de l’insécurité n’est pas un nouveau problème. Ce n’est pas parce qu’il y a tout à coup une déferlante dans la presse flamande qu’il faut s’exciter et s’activer dans la précipitation", a réagi d’emblée le socialiste.

 

Trois sujets à discuter avec le fédéral

Charles Picqué a ensuite révélé les trois points importants à discuter avec le fédéral. Selon lui, le gouvernement Leterme doit premièrement soulager Bruxelles d’un certain nombre de tâches policières telles que la protection du palais de justice, le transfert des détenus, les grèves dans les prisons, la sécurité lors des sommets européens, etc. Une demande qui n’est pas neuve, mais le ministre veut profiter de la "vague d’excitation" pour en reparler.

Ensuite, il y a le problème du recrutement des policiers. Seuls 18% des candidats réussissent au premier test. Ce que dénonce Charles Picqué qui estime que les critères pris par le fédéral sont trop sévères ou inadaptés.

Enfin, le dernier sujet à évoquer est le problème de la justice et des sanctions. Et plus particulièrement la délinquance juvénile. "On ne peut pas stigmatiser tous les mineurs d’âge, mais il y a de plus en plus de délits qui sont commis par des jeunes. Il faut faire quelque chose". Pour Charles Picqué, le manque de sanction envers des jeunes récidivistes est impensable.

 

"Ma mère a été agressée 7 fois en 2 ans"

L’occasion pour Pascal Vrebos de lui demander si ses proches osent se promener dans tous les quartiers de la capitale. "Mon épouse a été agressée trois fois déjà et ma mère sept fois en deux ans. On connait donc ces problèmes et je suis de ceux qui disent depuis très longtemps que la sécurité est un thème majeur, non pas de la droite ni de la gauche, mais cher aux citoyens et donc incontournable", a-t-il retorqué.

Le ministre-président estime qu’il ne faut pas pour autant être "exagérément alarmiste pour Bruxelles", mais qu’il ne faut pas non plus sous-estimer ce phénomène d’insécurité. "La pire des choses est d’envoyer un message aux citoyens en disant : 'Vous savez, ce n’est pas si grave'. Non, il y a de vrais problèmes". Mais de là à comparer Bruxelles au Bronx, il y a un pas que Charles Picqué refuse de franchir.