Bombardé démineur royal, Jean-Luc Dehaene n’a plus qu’une dizaine de jours pour apporter une solution négociée au problème BHV. Va-t-il réussir alors que les plus flamingants veulent le voir démissionner et qu’on vient d’apprendre qu’il cautionnait les mesures anti-francophones de sa commune du temps où il était bourgmestre de Vilvorde ? La réponse sera cruciale, car c’est l’avenir de notre pays qui est de nouveau en jeu. Si Dehaene ne réussit pas, le gouvernement Leterme tombera (une fois de plus…) et la Belgique vivra encore des heures sombres. Sans oublier que si le blocage persiste, "en quelques semaines, quelques mois, la Flandre peut dire : nous allons suivre notre propre route", prévient un parlementaire CD&V sous couvert de l’anonymat ce matin dans Le Soir.
Une solution négociée serait anticonstitutionnelle
Une des critiques les plus virulentes à l’encontre de M. Dehaene provient de Willy De Waele, ce bourgmestre Open Vld de Lennik, en périphérie bruxelloise, qui interdit les drapeaux belges dans sa commune depuis 2008. Il réclame la démission du « Taureau de Vilvorde » en invoquant le fait qu’une solution négociée remettrait en cause l’intégrité territoriale flamande. "Sa mission est sans contenu. Pourquoi ? Parce que la Constitution a organisé le pays en Communautés, Régions et Régions linguistiques qui sont délimitées par la Constitution. On demande simplement qu’on le respecte", expliquait-il au micro de RTL-TVI. Seule solution à ses yeux comme à ceux des autres Flamands radicalisés ? Voter la scission au Parlement majorité flamande contre minorité francophone… en espérant que les francophones acceptent sans broncher.
L’homme chargé de négocier BHV cautionnait des mesures anti-francophones illégales ?
Autre tuile pour le démineur royal, la révélation de Hans Bonte, député SP.A et échevin à Vilvorde, tombée ce week-end. La VRT avait révélé une politique de logement anti-francophone qui consiste à demander officieusement aux entrepreneurs de favoriser les acheteurs flamands pour chaque logement d’une commune de la périphérie. Hans Bonte a précisé qu’elle ne date pas d’hier, mais déjà de l’époque où Dehaene était bourgmestre de Vilvorde. Fonction qu’il a abandonnée en août 2007.
Des mesures qui ne choquent presque personne au CD&V
Cette politique non officielle et allant à l’encontre des droits de citoyens belges serait, si pas cautionnée, en tout cas largement tolérée par la majorité des membres du CD&V, parti de Dehaene et du Premier ministre Leterme. C’est ce qu’expliquait ce matin dans le journal Le Soir un parlementaire CD&V sous couvert de l’anonymat. Pour lui, il s’agit du seul moyen de lutter contre ce que la Flandre appelle la « tache d’huile francophone ». "Si on ne fait rien, dans une génération, on n’aura pas 6 communes francophones (dans les communes flamandes de la périphérie bruxelloise, ndlr) mais 20."
Et puis ce type de mesure est bon pour l’électorat flamand qui craint cette « colonisation » francophone et se reporte de plus en plus vers la N-VA, selon les sondages. Voilà pourquoi Kris Peeters, ministre président flamand, et Marianne Thyssen, présidente du CD&V, préfèrent se taire à propos de ces pratiques illégales. L’adage « qui ne dit mot consent » s’applique-t-il ? Pour le parlementaire anonyme, la réponse tire plus vers le oui que vers le non...
Le début de la fin pour la Belgique ?
Ce politicien du nord du pays est conscient que "personne ne nous comprend et on ne gagnera pas sur la scène internationale avec ces mesures (anti-francophones, ndlr)". Mais la peur de voir les francophones majoritaires dans des communes du Brabant flamand, et donc qu’ils réclament à terme le rattachement de leur commune à la Région bruxelloise (puisqu’ils n’apprennent pas ou que trop peu le néerlandais), est au centre du problème communautaire. Pour les Flamands, perdre de leur territoire n’est pas une option négociable, au même titre que la scission de la solidarité ne l’est pas pour les francophones. "C’est cela qui cassera un jour la Belgique. Parce que nous ne perdrons pas le Brabant flamand. (…) Si on ne résout pas ce problème, on risque de perdre la Belgique. Et cela peut aller vite. En quelques semaines, quelques mois, la Flandre peut dire : nous allons suivre notre propre route. Ce n’est pas une menace, c’est ce qui vit en Flandre."
Voilà pourquoi régler le problème BHV d’urgence via Dehaene est si important pour le CD&V, car un échec de celui-ci impliquerait un échec du CD&V. Yves Leterme et tout le gouvernement sauteraient et la crise politique qui a déjà immobilisé le pays dans un passé très récent referait surface. Et Jean-Luc Dehaene n’a plus qu’une dizaine de jours pour négocier une réforme de l’Etat…
D’autres en Flandre ne raisonnent pas ainsi et tiennent suffisamment à la Belgique pour imaginer un avenir commun plus intelligemment organisé. > La proposition des Jong Groen!











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