Des voix commençaient à s’élever la semaine dernière contre Jean-Luc Dehaene. Pour certains, il ne travaillait pas vraiment. Pour d’autres, ses propositions, pourtant tenues secrètes, n’allaient être qu’une somme des revendications flamandes. Que nenni ! Le démineur a bel et bien terminé sa tâche et soumettra sa "proposition de fond" à Yves Leterme et aux présidents des partis de la majorité (plus les Verts) ce lundi soir. L’espoir est qu’il n’y ait que peu de pierres d’achoppement, histoire de présenter la proposition ce jeudi à le Chambre. Utopique ? Pas forcément : avec de la bonne volonté de chaque côté et peu d’heures de sommeil, nos politiciens pourraient parvenir à un accord à temps.

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A deux jours de l’ultimatum libéral flamand

La semaine dernière, l'Open Vld était prêt à quitter le gouvernement fédéral. Les libéraux flamands réclamaient la clarté pour mercredi sur la possibilité d'un compromis, sans quoi ils quitteraient le navire.

 

Le contenu secret de sa solution ?

Selon le journal Le Soir ce lundi, le contenu de la solution de Dehaene serait plus proche du quasi accord Verhofstadt de 2005 que d’une somme des revendications flamandes plus récentes (et donc plus dures).

  • Les arrondissements judiciaires et électoraux de Bruxelles-Hal-Vilvorde seraient scindés

  • Les francophones auraient comme compensation le bétonnage des facilités… mais uniquement dans les 6 communes à facilités. Les francophones, parfois nombreux, des autres communes de la périphérie n’auraient plus droit à rien

  • Dehaene proposerait en outre de coupler élections régionales et fédérales en 2014, dans le but de raccourcir la législature fédérale pour s’y consacrer totalement à réformer l’Etat, selon les accords qui seraient pris cette semaine

 

Maingain remplacé par Clerfayt à la réunion de ce soir

Le président du FDF Olivier Maingain ne pourra vraisemblablement pas participer ce soir à la réunion des présidents de partis convoquée à la demande du Commissaire royal Jean-Luc Dehaene à propos de BHV. M. Maingain se trouve en effet bloqué en Espagne à cause des interdictions de vol et l'itinéraire qu'il doit encore accomplir avant de rejoindre Bruxelles ne devrait pas lui permettre de rejoindre la capitale à temps.

Le président des fédéralistes francophones se trouvait lundi matin encore à Algesiras, dans le sud de l'Espagne. Il devrait ensuite rejoindre Cadix par la route, d'où il projette de rallier Biarritz, dans le Pays basque français, par la route encore. De là, M. Maingain devrait rejoindre Bruxelles en train, a-t-on appris au FDF. C'est le secrétaire d'Etat Bernard Clerfayt qui le remplacera à la réunion des présidents de partis.

 

Optimisme au Vld… mais ultimatum quand même

Le président de l'Open Vld Alexander De Croo n'a aucune indication qu'il n'y aura pas de  bonne volonté pour trouver une solution dans le dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, a-t-il dit au début de la réunion eu Bureau de son parti. Il est personnellement d'avis qu'un accord est possible.

Dans des déclarations ce week-end, le ministre fédéral Vincent Van Quickenborne a répété que pour l'Open Vld il y aura "un grave problème" s'il n'y a pas de solution dans le dossier BHV d'ici la séance plénière de la Chambre jeudi. "Notre deadline est jeudi et pour jeudi nous devons en effet avoir quelque chose", a dit M. De Croo. "Nous n'accepterons pas que les choses soient reportées à plus tard", a-t-il ajouté.

 

Optimisme également au CD&V

Au CD&V, on se montrait également plein d'espoir pour un accord sur BHV, a indiqué lundi, après la réunion du Bureau du parti, Eric Van Rompuy. M. Van Rompuy a ajouté qu'il comprend que la Flandre devra faire des concessions. "Mais elles doivent être défendables pour la Flandre", a-t-il ajouté.

Mais pour Michel Doomst, le bourgmestre CD&V de la commune Gooik dans le Brabant flamand, les Flamands ne peuvent pas aller très loin dans les concessions aux francophones. Il attend, a-t-il dit, mais a ajouté qu'il n'était pas vraiment optimiste.

 

Discrétion de mise côté francophone
 
La discrétion était de mise lundi à l'issue du Bureau et du Conseil du MR. Le président Didier Reynders n'a pas fait de commentaire en quittant le siège de son parti. Il en a été de même à l'issue du Bureau du PS. Elio Di Rupo préfère rester "prudent". "Jean-Luc Dehaene a demandé la discrétion aux présidents des partis et (c'est rare) les partis ont observé cette discrétion pendant des mois. Il faut continuer dans ce sens-là", a commenté le porte-parole du MR, Pierre-Yves Jeholet à l'issue du Conseil du MR.

Aucune information n'a filtré de la réunion du bureau, auquel participe un nombre réduit de personnes. Lors du Conseil qui a suivi, le point relatif à l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde n'a occupé qu'un quart d'heure, confiait un participant, au cours duquel M. Reynders s'est contenté de rappeler une série de pistes déjà évoquées dans la presse. Quant à l'état d'esprit face aux chances d'un accord, il se résume en quelques mots selon la députée Marie-Christine Marghem: "C'est possible mais on reste très réaliste".

Au FDF, aucune déclaration n'était prévue après la réunion du Bureau. Le parti pourrait réagir lundi soir après la réunion des présidents.