Les partis politiques belges tentent cette semaine de régler un dossier crucial dans le conflit linguistique qui oppose les francophones aux néerlandophones, afin d'éviter de polluer la présidence de l'UE que le pays doit bientôt assurer.
L'ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene, chargé l'an dernier par le roi Albert II de travailler à des propositions clé destinées à apaiser les tensions entre néerlandophones et francophones, a été reçu lundi à Bruxelles par le souverain belge.
Il devait présenter dans la soirée sa "proposition de fond" aux présidents des cinq partis de la majorité (libéraux et chrétiens-démocrates flamands francophones et néerlandophones et socialistes francophones) et à ceux de deux formations de l'opposition, les écologistes flamands et francophones.
Cette proposition, dont le contenu n'a pas été dévoilé, doit servir de base "à la négociation qu'ils mèneront sur des problèmes institutionnels et plus particulièrement celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde", a indiqué M. Dehaene.
Si les idées de M. Dehaene sont favorablement accueillies, le Premier ministre Yves Leterme pourrait les présenter dès jeudi à la Chambre des députés.
La question de l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde (dit BHV) est depuis plusieurs années au centre du conflit politique et linguistique entre les Flamands néerlandophones du nord de la Belgique, majoritaires (60% de la population), et les francophones de Bruxelles et du sud.
Les Flamands exigent la scission de BHV, qui octroie aux quelque 100.000 francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles des droits linguistiques spécifiques, comme celui de voter pour des candidats francophones aux législatives ou d'avoir droit à des procédures judiciaires dans leur propre langue.
Les partis néerlandophones estiment que la Flandre est une région unilingue et que les francophones qui décident de s'y installer doivent s'intégrer.
En novembre 2007, ils ont voté à l'unanimité, en commission parlementaire, une proposition de loi scindant BHV sans aucune contrepartie. Depuis, les francophones ont réussi à empêcher un vote en séance plénière, mais leurs ultimes recours arrivent bientôt à échéance.
En l'absence de solution négociée, un vote de la majorité flamande contre la minorité francophone, alors inévitable dans les prochaines semaines, entraînerait la chute du gouvernement et une crise sans doute plus grave que celle de 2007-2008, durant laquelle l'existence même du royaume avait semblé menacée.
La situation tournerait au cauchemar pour les dirigeants belges puisque le pays doit prendre le 1er juillet la présidence semestrielle de l'UE.
Selon plusieurs journaux, Jean-Luc Dehaene propose que les habitants francophones de certaines communes de la périphérie flamande de la capitale puissent continuer à voter pour des candidats francophones lors des élections.
Le médiateur souhaite globalement que les francophones obtiennent des compensations "suffisamment honorables pour faire passer l'amère pilule de la scission", explique le quotidien La Libre Belgique, citant notamment l'attribution d'un rôle aux autorités francophones en matière scolaire dans la périphérie de Bruxelles.
Mais la presse flamande prévient: le nord du pays lâchera le moins de lest possible. "Il faut être réaliste, les francophones devront obtenir "quelque chose", mais ce ne devra pas être plus que des cacahuètes", écrit lundi la Gazet Van Antwerpen.











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