Un vote à la Chambre de la proposition scindant BHV, réclamée par Guy Vanhengel pour la semaine prochaine et finalement demandée par l'Open Vld pour aujourd'hui même, est "impossible", selon Laurette Onkelinx. Les francophones enclencheront forcément la procédure de sonnette d'alarme. "Il n'y aura pas de vote, c'est impossible. Il y a une procédure de sonnette d'alarme qui empêche l'agression d'une communauté contre une autre", a-t-elle expliqué. La ministre faisait part de ses craintes.

 

Onkelinx craint "une crise de régime"

La vice-première ministre PS et ministre de la Santé, Laurette Onkelinx, était l’invitée de Barbara Mertens et Pascal Vrebos ce jeudi matin sur Bel RTL. Elle juge la décision de l’Open Vld déraisonnable, en raison de la crise et à deux mois de la présidence belge de l’UE. Mais elle craint surtout une radicalisation encore plus grande de l’opinion publique flamande qui rendrait la composition d’un futur gouvernement fédéral encore plus compliquée à cause du poids des nationalistes.

Laurette Onkelinx l’avoue, « il est possible que je ne sois plus vice-première ce soir, ou alors exerçant en période d’affaires courantes ». Mais rien n’est encore fait : le bureau de parti de l’Open Vld décidera de la suite des évènements. « Tout dépend de la décision du bureau politique du Vld. S’ils maintiennent leur rupture de confiance, il est possible que tout de suite s’ouvre une crise. Une crise que je qualifie de très grave, très profonde, et peut-être même une crise de régime. On peut imaginer que suite à cette crise, il y ait une radicalisation plus forte encore avec des nationalistes flamands qui prennent une ampleur encore jamais vue. »

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Voter le 30 mai n’est « pas raisonnable »

L’Open Vld quitte le gouvernement, celui-ci tombe donc à coup sûr. « Sans l'Open VLD, c’est impossible. Un seul parti flamand par rapport à trois francophones c’est impensable », a-t-elle expliqué. Cela induirait la démission d’Yves Leterme puis l’organisation de nouvelles élections. On parle du 30 mai. Mais « aller voter à un mois de la présidence belge de l’Union Européenne, ce n’est absolument pas raisonnable. Car on doit assumer la présidence pendant 6 mois. »

 

Politiques modérés, patrons et syndicats, étaient main dans la main pour ne pas condamner le pays, donc les citoyens

Laurette Onkelinx n’analyse pas la raison qui a poussé le jeune et inexpérimenté président libéral flamand à « s’enfermer dans un agenda ». Mais il prend là une décision qui aura des répercussions sur chaque citoyen belge. Et les entreprises comme les petites gens en sont conscient. « C’est la stabilité de l’Etat qui est en jeu. Tous les représentants des patrons et des syndicats ont appelé hier, main dans la main, à ce que le gouvernement soit disponible pour des réformes car la crise économique est profonde et que le gouvernement doit trouver des solutions. »

 

De Croo parle d’une « rupture de confiance » alors qu’elle n’a pas été rompue…

Les francophones ont refusé la proposition de Dehaene car elle était trop légère, mais pour eux c'était une base parmi d’autres qui avait eu le mérite de remettre tout le monde autour de la table. « Ce que M. Dehaene a mis sur la table, ce n’est pas la base sur laquelle un accord est possible. C’est une des bases. Premièrement ça ne respecte pas les droits des francophones de la périphérie et puis il n’y a pratiquement rien en ce qui concerne les millions de Bruxellois qui vivent dans des conditions difficiles. Il n’a pas suffisamment pris en compte la nécessité de comprendre la volonté ferme des francophones, unis et constructifs autour de la table. Mais je ne veux pas lui jeter la pierre, c’est déjà une base d’accord et les francophones ont apporté autre chose. »