Ce samedi après-midi, Albert II a poursuivi ses consultations comme prévu en rencontrant patrons et syndicats. Par contre, l'arrivée du président du MR Didier Reynders à 11h15 au Château de Laeken est apparu comme un coup de théâtre. Après l'avoir reçu en audience, le roi "l'a chargé de s'assurer dans un très court délai de ce que les conditions sont remplies pour la reprise rapide des négociations sur des problèmes institutionnels et en particulier celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde", selon un communiqué du Palais Royal tombé peu avant 11h30. "Monsieur Reynders a accepté cette mission", annonce ensuite le communiqué.

> VIDEOS: LES REPORTAGES DU JOURNAL DE 19H

Le président du MR aura des contacts samedi et dimanche avec les présidents des partis reçus par le roi Albert II jeudi et vendredi, c'est-à-dire le CD&V, l'Open Vld, le PS, le cdH, Ecolo et Groen! ainsi que le sp.a, a-t-on expliqué au siège du MR. Les négociations rompues par l'Open Vld la semaine passée ont associé les partis de la majorité fédérale ainsi que les écologistes d'Ecolo et de Groen!. Le sp.a n'avait pas souhaité y participer.

 

Les Flamands voulaient Reynders

Cette décision du roi a été prise à la demande des partis flamands de la majorité, indiquait-on au CD&V et chez l'Open Vld. C'est au cours de la réunion du Bureau du CD&V vendredi soir que le parti a décidé d'insister afin qu'un partenaire francophone soit envoyé sur le terrain pour redéfinir les conditions de négociation, a indiqué le porte-parole du parti. Et pour les démocrates-chrétiens flamands, la mission de M. Reynders implique que les conditions qui se trouvaient sur la table mercredi soir, mais qui ont été évacuées à la suite de la démarche de l'Open Vld, soient à nouveau d'application. A savoir, négocier dans le cadre du "paquet" Dehaene et de façon rapide. Il faut ainsi éviter que l'on discute à l'infini, estime le parti flamand. Les mêmes partis flamands du gouvernement insistent sur le fait que l'initiative revient maintenant à un francophone et plus particulièrement à M. Reynders, dans le parti duquel certains voient le nœud du problème. La décision royale devrait ainsi pousser au maximum la pression au profit d'un succès des négociations, dit-on encore.

 

Le PS soutient l'initiative royale et encourage Didier Reynders

Le PS, par voie de communiqué, déclare soutenir l'initiative de la mission confiée par le Palais au président du MR et encourage celui-ci à remettre les présidents de partis autour de la table des négociations au plus vite. Le PS veut retrouver au plus vite le chemin des négociations pour ramener la stabilité dont notre pays a besoin pour résoudre les difficultés que connaissent les citoyens à la suite de la crise économique et du grand nombre de licenciements, indique ce communiqué publié par la présidence du parti.

La Belgique a aussi besoin de stabilité pour résoudre ses problèmes budgétaires et assumer une présidence de l'UE digne d'une capitale de l'Europe, disent encore les socialistes, qui veulent une solution à BHV pour retrouver le minimum de sérénité nécessaire au gouvernement fédéral. Le PS reste convaincu qu'il est possible de trouver une solution négociée et équilibrée sur ce dossier. Il faut régler définitivement ce problème qui empoisonne la vie des Belges depuis trop longtemps, dit-il. Une solution négociée doit se préoccuper de la qualité de vie et des droits tant des Bruxellois francophones et néerlandophones que des francophones et des néerlandophones de la périphérie, conclut le communiqué.

 

Joëlle Milquet se félicite de l'initiative royale
 
La présidente du cdH, Joëlle Milquet, se félicite de l'initiative royale prise après notamment les différentes consultations d'hier et celles des présidents de partis. Le cdH estime depuis le début de la crise que les négociations doivent pouvoir reprendre au plus vite pour sortir de l'impasse et toutes les initiatives prises en vue de les relancer sont les bienvenues, indique encore le communiqué publié par Mme Milquet. "Je me félicite de cette initiative royale. (…) La solution ne sera pas facile à trouver mais la volonté d’y arriver est là", a-t-elle déclaré au micro de RTL-TVI à 13h.

 

Ecolo salue la décision du roi

Le parti Ecolo a salué la décision du roi Albert II de charger Didier Reynders d'une mission de reprise des contacts en vue d'une relance des négociations. "Il est urgent que les partis se remettent à la table des négociations pour trouver une solution concertée au problème de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde et pour retrouver rapidement la stabilité dont notre pays a cruellement besoin", ont indiqué les co-présidents d'Ecolo, Jean-Michel Javaux et Sarah Turine, dans un communiqué. "Les situations économique, sociale et environnementale actuelles et l'approche de la présidence belge de l'Union Européenne ne peuvent pas passer au second plan", ont-ils ajouté en "saluant" la décision du chef de l'Etat de charger M. Reynders d'une mission de reprise des contacts en vue d'une relance des négociations. Pour les Verts francophones, "aucune réforme institutionnelle ne peut se faire par une communauté contre une autre". Ecolo a appelé "à une solution négociée et équilibrée" et rappelé sa disponibilité pour prendre ou participer à tous les contacts bilatéraux ou multilatéraux nécessaires pour sortir de l'impasse à laquelle nous sommes aujourd'hui confrontés, notamment en travaillant au quotidien avec son parti-frère flamand, Groen!.

 

Le roi a rencontré patrons et syndicats

Après avoir rencontré Didier Reynders, le roi a ensuite reçu successivement en audience Thomas Leysen, le président de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), Luc Cortebeeck, président de la Confédération des Syndicats Chrétiens de Belgique, et Rudy De Leeuw, Président de la Fédération Générale du Travail de Belgique.

 

Plus d'informations : 

> Reynders : "Quelle Belgique veulent vraiment les Flamands ?"

> Et maintenant, que va-t-il se passer ?

> Qui est Alexander De Croo ?

> Comprendre le départ de l'Open Vld

> BHV: CHRONOLOGIE DES FAITS (2007-2008)

> BHV: CHRONOLOGIE DES FAITS (2009-2010)