La Belgique est à nouveau plongée dans une crise profonde. Encore une fois, c'est sur le dossier ultra-sensible de BHV que le gouvernement a trébuché. Invités au journal de 19h de RTL-TVi, les présidents des partis francophones de la majorité ont souligné que la démission du gouvernement était vraiment malheureuse, surtout que la majorité n'était "pas si loin" d'un accord. Mais l'Open VLD a préféré mettre en avant un ultimatum temporel, ce qui a mis le feu aux poudres et mené au blocage.
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"Leur démarche a échauffé les esprits"
Didier Reynders, président du MR et chargé par le Roi de ramener les négociateurs autour de la table, a indiqué que l'échec de sa mission était "déjà présent la semaine passée, avant que celle-ci ne commence". Il a répété que "tous les éléments étaient réunis pour aboutir mais que l'Open VLD avait rappelé ses exigences, notamment ce nouvel ultimatum avec la menace d'un vote au Parlement. Mais négocier ce dossier en deux ou trois jours n'est pas possible et leur démarche a échauffé les esprits".
"Ils ont trompé tout le monde"
Joëlle Milquet, présidente du cdH, s'est dite "profondément fâchée. Je trouve que l'on n'a pas le droit de faire des choix tels qu'ils ont été décidés jeudi de plonger tout un pays dans la crise par simple souci électoral. Préserver les intérêts de son parti au mépris de l'intérêt général n'est pas raisonnable. Et, par la suite, la mission de Didier Reynders n'a pas pu aboutir car il n'y avait aucune volonté du côté de l'Open VLD. Quelle que soit l'évolution du débat, ils ont gardé cette ligne de voter jeudi à la Chambre la proposition de loi visant à scinder BHV. Ils ont profondément manqué de sens de l'Etat, et derrière l'Etat il y a l'intérêt des citoyens, mais ils ont surtout trompé tout le monde. Ils n'avaient jamais parlé de BHV avant ces derniers jours et tout d'un coup c'est devenu leur grand problème. C'est une stratégie purement particratique", a déploré Joëlle Milquet.
Scandaleux...
Même son de cloche de la part d'Elio Di Rupo, président du PS. Il a jugé scandaleux le déclenchement d'une crise institutionnelle dans le contexte socio-économique actuel, pointant lui aussi du doigt la responsabilité "énorme" des libéraux flamands. "Depuis une grosse semaine, l'Open Vld oblige à parler de délais au lieu de parler du fond", a-t-il dit, jugeant par allusion au président de l'Open Vld Alexander De Croo que "quelqu'un essaie visiblement de se faire un prénom alors que l'on parle de l'avenir du pays et que les francophones ont fait preuve de bonne volonté".
Elio Di Rupo n'est pas favorable à des élections anticipées. Outre qu'elles signifieraient probablement une radicalisation de l'électorat, elles amèneraient aussi un "chaos juridique" du fait de l'exigence, posée par la Cour constitutionnelle, d'une solution au dossier BHV.
"Une semaine hors du naturel"
Jean-Michel Javaux, co-président d'Ecolo, a estimé que "cette journée clôturait une semaine hors du naturel. Ce qui est fou, c'est qu'on a perdu 5 jours sur des questions de procédure alors que si on avait travaillé sur le fond, on aurait pratiquement terminé. C'est très regrettable d'autant plus que je pense qu'une majorité de citoyens soient désormais en décallage avec les responsables politiques. Alexander De Croo a mis la pression. Je pense qu'il s'est enfermé lui-même dans des déclarations dont il était impossible de sortir. Je pense néanmoins que l'Open VLD reste un interlocuteur valable. Je ne pense pas que de nouvelles élections, qui feront le jeu des extrémistes, soit la meilleure solution", a-t-il conclu.













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