Le roi Albert II a terminé ses consultations et plus aucune rencontre n'est prévue. Il a consulté  mercredi le sp.a, Ecolo et Groen !. La présidente du sp.a, Caroline Gennez, a confirmé son refus d'entrer dans un gouvernement intérimaire vu les circonstances. Cette confirmation ouvre la voie aux élections. Mardi, le Roi avait reçu successivement le premier ministre sortant Yves Leterme, les présidents du PS, Elio Di Rupo, du cdH, Joëlle Milquet, du CD&V, Marianne Thyssen, et du MR, Didier Reynders. Pascal Delwit, politologue à l'ULB, se lançait lui dans un pronostic ce matin sur Bel RTL: "Le Roi devrait appeler à la dissolution des chambres jeudi", ouvrant la voie aux élections, qui auront plus que probablement lieu le 13 juin. 

 

Pas de dissolution des Chambres jeudi

Ce qui est certain, par contre, c'est qu'il n'y aura pas de dissolution des Chambres jeudi. On se dirige donc vers des élections qui se tiendront plutôt le 13 juin que le 6 juin car il y a toujours cette fameuse liste d'articles qu'il faudra réviser sur la Constitution. C'est une liste d'articles qui demande une adoption par la Chambre, le Sénat et le gouvernement. Il n'y a pas encore d'accord politique et il faudra encore quelques jours pour que les Chambres et le gouvernement puissent se mettre d'accord. Ces délais indiquent qu'il n'y aura donc pas d'élections avant le 13 juin.

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La campagne est lancée !

Avant même qu'Albert II ait terminé de consulter un à un les dirigeants des partis politiques sur les moyens de sortir le pays de la crise, plusieurs formations ont commencé à se mettre en ordre de bataille. Yves Leterme a ainsi annoncé qu'il passait le relais comme chef de file des chrétiens-démocrates flamands à Marianne Thyssen, chargée de mener la campagne électorale (Lire l'article complet). En s'effaçant, Yves Leterme prend acte de l'échec de ses trois ans à la tête du pays, marqués par des démissions à répétition et des crises récurrentes entre francophones et Flamands sur l'avenir du royaume. "Je prends sur moi la responsabilité du constat que jusqu'à présent, les stratégies qu'on a utilisées n'ont pas encore abouti" à l'objectif fixé en 2007.

 

Les francophones pas satisfaits !

Les partis francophones, qui craignent qu'une poussée des partis les plus radicaux aux élections rende le pays ingouvernable, ont souhaité jusqu'au bout éviter de repasser devant les urnes. "Le débat électoral qui a déjà lieu en Flandre démarre un peu vite", a regretté le ministre des Finances, Didier Reynders. Alors que des partis ont déjà réservé des espaces publicitaires pour la campagne, Reynders a ajouté que les francophones auraient souhaité qu'on laisse le roi achever sa mission.

Joëlle Milquet a de son côté prévenu qu'il n'était pas question que le prochain Parlement rabote les pouvoirs du roi, comme le souhaitent des partis flamands, favorables à une monarchie purement protocolaire.

 

Psychodrame annoncé au Parlement

La prochaine étape de cette saga, incompréhensible pour de nombreux Belges, aura lieu à la Chambre des députés jeudi. Les partis flamands mènent un baroud d'honneur en tentant de mettre à l'ordre du jour la scission unilatérale de "BHV" dans des conditions très défavorables aux francophones. Ces derniers envisagent d'utiliser un recours (sonnette d'alarme) qui permet d'empêcher un vote lorsqu'une communauté linguistique se sent menacée. La réaction des partis flamands, notamment des extrémistes du Vlaams Belang, pourrait alors être virulente dans l'hémicycle.

 

Conseil des ministres pour préparer la dissolution des assemblées

Un Conseil des ministres doit se réunir jeudi pour préparer la dissolution des assemblées moyennant l'adoption d'une liste d'articles de la Constitution ouverts à révision. Le premier ministre Yves Leterme a appelé, dans une dernière sortie, à l'adoption d'une longue liste d'articles à réviser, ce qui a étonné ses ex-partenaires francophones.

 

Les questions du Roi

Voici ce que notre souverain a demandé, dans les grandes lignes, aux présidents des partis démocratiques (à l’exception de l’Open Vld donc, saboteur du moteur Belgique qui n’a plus voix au chapitre et qui est certainement trop occupé à préparer des élections qu’il a provoquées) :

  • Question : Ces élections anticipées sont-elles vraiment inévitables ?
  • Réponse : Oui… si on en croit Yves Leterme (Lire l'article) et les présidents de partis flamands au sortir de leur entrevue avec le Roi. Il ne reste plus qu’à fixer la date, le 6 ou le 13 juin.

  • Question : Partis flamands, aucun de vous ne veut vraiment monter dans le gouvernement pour remplacer les libéraux flamands ?
  • Réponse : Le sp.a avait déjà décliné l’invitation et l'a officiellement déclinée ce mercredi devant le Roi. Et les autres, ils sont soit nationalistes, séparatistes, ou trop peu nombreux en nombre de voix.

  • Question : Si je dois dissoudre les Chambres, comment organiser ces nouvelles élections au mieux ? Mais surtout, comment faire pour qu’elles ne soient pas contestables ?
  • Réponse : Annemie Turtelboom a lancé une piste hier soir (Lire l’article).

  • Question : Quels seront les impacts d’un tel chaos sur la présidence belge de l’Union Européenne qui arrive en juin ?
  • Réponse : Rien de précis de ce point de vue, mais si on doit revoter, il est inconcevable d’avoir un gouvernement formé avant la date de prise de présidence de l’UE, et là, notre pays serait encore plus ridicule qu’aujourd’hui !