L'ex-premier ministre a dressé un bilan personnel nuancé de la dernière décennie, soulignant sa fierté d'avoir, avec d'autres, tiré son parti d'une longue période d'opposition, remporté plusieurs scrutins et dirigé la Flandre puis l'exécutif fédéral, tout en replaçant la démocratie chrétienne au centre de l'échiquier politique. "Nous avons réalisé de bonnes réformes ces trois dernières années", a-t-il dit par allusion au retour du CD&V au gouvernement fédéral après les élections de juin 2007 qui avaient vu M. Leterme engranger près de 800.000 voix. "BHV n'est pas tout", a-t-il ajouté.

 

Yves Leterme prend ses responsabilités

Toutefois, évoquant la crise politique des dernières semaines, voire des dernières années, il a aussi accepté de prendre sur lui le fait que "les efforts passés n'ont pas abouti". De tous ceux qui ont pris leurs responsabilités dans ce cadre, a dit en substance M. Leterme en citant Jean-Luc Dehaene, Herman Van Rompuy, Jo Vandeurzen ou encore Kris Peeters, je suis le seul à aller aux élections aux prochaines législatives. "Je ne fuis pas, je veux encore prendre mes responsabilités", a martelé l'Yprois de 49 ans, qui a dit apporter son soutien entier à Mme Thyssen. Cette dernière a remercié M. Leterme en assurant qu'il jouerait encore un rôle très important dans la campagne et après les élections, ainsi qu'au sein du parti.

 

Discours de Thyssen tout en modération

Entamant d'ores et déjà un discours de campagne, elle a affirmé que le CD&V n'était "pas pour la fin de la Belgique, mais pour une réforme de l'Etat; pas pour le chaos mais pour la responsabilité, et pas pour l'extrémisme, mais la sérénité et la raison". Elle a reconnu que ces élections ne seraient pas simples pour le CD&V, mais que le parti pouvait relever cette mission avec "la force de la persuasion" et à l'aide d'une équipe "solide".

Le passage de témoin a été décidé mercredi matin au cours d'un bureau de parti, à l'unanimité, a précisé Yves Leterme. Il s'agissait à la fois d'engager le CD&V dans le sens de l'intérêt général, mais aussi de l'intérêt du parti, selon lui. Marianne Thyssen y voit un geste de "grande classe", posé par celui qu'elle a qualifié d'architecte du parti.

 

Première femme à la tête du gouvernement ?

Marianne Thyssen sera donc la figure de proue du CD&V lors des élections fédérales. Sans trancher à ce stade sur les nombreuses hypothèses qui peuvent être avancées à un mois et demi environ du scrutin, cette perspective ouvre la voie à la désignation d'une femme comme premier ministre, un fait qui constituerait une première dans l'histoire du pays.