L'indépendantiste flamand Bart De Wever, favori des législatives de dimanche en Belgique chez les néerlandophones, s'est dit mardi prêt à laisser un francophone diriger le gouvernement, à condition toutefois qu'il s'engage à un transfert massif de pouvoirs vers les régions.

Depuis les années 1970, tous les Premiers ministres belges sont issus des partis flamands, qui représentent 60% de la population belge.

Alors qu'ils réclamaient le transferts de compétences de l'Etat central vers les régions (Wallonie, Flandre, Bruxelles), ces responsables flamands se sont heurtés au refus des francophones, ce qui a provoqué fin avril la chute du gouvernement d'Yves Leterme.

Depuis, la Nouvelle alliance flamande (N-VA), qui prône le "confédéralisme" -- c'est-à-dire un système où les régions auraient nettement plus de pouvoirs que l'Etat central --, a bondi dans les sondages en Flandre, où il recueille quelque 25% des intentions de vote.

"Les hommes politiques flamands qui ont accepté ce poste (de Premier ministre) l'ont fait en sacrifiant leur programme. Je ne suis pas prêt à faire cela", a déclaré mardi devant la presse belge et internationale le président de la N-VA, Bart De Wever.

Il s'exprimait dans les trois langues officielles de Belgique (néerlandais, français, allemand) et en anglais.

"Si l'on accepte le confédéralisme, qui à notre avis est favorable aussi pour les citoyens francophones de notre pays, ce serait la moindre des choses d'offrir le poste de Premier ministre à un francophone", a assuré M. De Wever, tout n'"excluant pas" d'assumer cette responsabilité.

Selon les sondages, le président du Parti socialiste francophone (PS), Elio Di Rupo, est bien placé pour se voir confier par le roi la tâche de former le prochain gouvernement.

Bart De Wever a ajouté qu'il ne se laisserait pas entraîner dans des négociations interminables pour former un gouvernement, comme après les élections de 2007. Dans ce cas, "ce sera sans nous", a-t-il dit.

"Nous ne voulons pas la révolution. Nous ne voulons pas proclamer l'indépendance de la Flandre du jour au lendemain. Mais nous croyons néanmoins en une évolution progressive (des pouvoirs) vers la Flandre et l'Europe, et dans cette évolution, le système confédéral peut constituer une étape douce", a-t-il expliqué.