On connaissait le démineur, l'explorateur, l'informateur et le formateur... Voici désormais le pré-formateur : le Roi a chargé Elio Di Rupo de cette mission. Le président du PS doit maintenant poursuivre le travail de Bart De Wever. Elio Di Rupo a accepté cette mission et doit donc créer les conditions pour former une majorité. "Il est assez logique que le Roi convoque Elio Di Rupo dans la mesure où il peut entendre les points de vue des deux principaux protagonistes", a expliqué le politologue Pierre Vercauteren. Hier, Bart De Wever avait été déchargé de sa mission d'informateur. Il a dit avoir trouvé des convergences entre les partis, mais pense qu’il faut élargir les débats et aller plus loin. 


Un préformateur, qu’est-ce que c’est ?

Pourquoi ne pas avoir désigné un explorateur comme durant l’été 2007 ? Le politologue Pierre Vercauteren explique qu’il s’agit probablement d’une manœuvre ayant pour but de créer un contexte de sérénité : "Utiliser le terme d’explorateur ou de démineur aurait pu donner l’impression que la situation se rapproche davantage de la crise qu’on a connue de 2007 ou 2008. Tandis qu’ici, l’idée est peut-être de décrisper en quelque sorte les esprits, de maintenir une certaine sérénité pour donner un maximum de chance de succès au préformateur d’abord et à l’ensemble des négociateurs ensuite", dit-il.


Quel rôle jouera-t-il ensuite ?

Quelle sera la suite pour Elio Di Rupo ? Le politologue poursuit, en expliquant les cas qui se présentent au président du PS : "Au cas où les négociations devaient aboutir, il peut alors envisager de prendre carrément en charge la formation du gouvernement. Par contre, si les choses ne devaient pas suffisamment se décanter, il peut toujours en sortir sans avoir l’impression d’avoir échoué dans une mission de formateur en tant que tel", conclut Pierre Vercauteren.
 

Quels partenaires ?

Bart De Wever a indiqué qu'il n'était pas encore possible à ce stade d'énoncer "quels partis sont susceptibles d'entrer dans la coalition" car ce serait annoncer une phase de formation du gouvernement. Or, "nous n'y sommes pas encore", a-t-il dit.
 

Triple volet


Comme indiqué plus haut, Bart De Wever a souligné les trois grands défis qui attendent le prochain gouvernement. Donc les finances publiques, la cohésion sociale et la réforme de l'Etat. "Cette réforme a en effet pour objectif d'améliorer l'efficacité de l'administration et de donner aux entités fédérées davantage de latitude pour développer leur propre politique et en assumer la responsabilité. L'assainissement des finances publiques et la réforme de l'Etat à mener en parallèle doivent en outre permettre de protéger au mieux et si possible - de préférence - de renforcer notre tissu économique et social", a ajouté l'informateur sortant.

Il a ensuite souligné que toutes les personnes qu'il a consultées au cours de sa mission "sont également d'avis que ces trois défis sont les plus importants à relever et sont dès lors des objectifs à atteindre dans le cadre de la politique gouvernementale. L'accord est en outre général sur le fait que ces trois objectifs sont indissociablement liés".