Selon Elio Di Rupo, il existe des éléments d'un accord mais, selon la formule consacrée, tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, il n'y a d'accord sur rien. Le préformateur ne s'est pas étendu sur ces éléments qui pourraient déboucher sur une nouvelle réforme de l'Etat. Il a toutefois évoqué l'ampleur de celle-ci: de l'avis des partis autour de la table, elle pourrait être comparable aux grandes réformes de 1980 et de 1988-89, qui ont définitivement transformé la Belgique en un Etat fédéral composé de Communautés et de Régions.
Le fédéral, c'est fini
Dans le contexte politique et communautaire actuel, les partis francophones sont prêts à s'engager dans une grande réforme à condition qu'elle soit équilibrée, a-t-il précisé. Le Montois a toutefois évoqué le déplacement du centre de gravité du système institutionnel belge défendu par les partis flamands.
"Vu les résultats électoraux en Flandre, nous savons que le centre de gravité de la Belgique se déplacera du fédéral vers les entités fédérées. Mon souhait est que cela puisse se passer d'une manière qui va stabiliser le pays au bénéfice de la grande majorité des Belges." Selon le journal Le Soir, c’est historique. Pour la première fois, un francophone se rallie aux exigences communautaires flamandes. De façon officielle. On ne fera donc plus marche arrière.
Comment avancent les négociations ?
La question que l’on se pose alors est la suivante : Comment avancent les négociations ? Depuis le 8 juillet, date à laquelle le Roi l'a chargé de sa mission de préformation, M. Di Rupo a rencontré les responsables des principaux partis politiques, parfois seul et souvent avec le président de la N-VA et ex-informateur, Bart De Wever. Il a ensuite choisi de travailler selon une double voie: le socio-économique d'un côté et l'institutionnel de l'autre. Pour le second volet, il a réuni sept partis, qu'il n'a pas nommés vendredi même s'ils sont connus (PS, N-VA, CD&V, cdH, sp.a, Ecolo et Groen!), qui réunissaient une majorité des deux tiers.
Il a veillé à élargir les convergences qui existaient entre eux. A l'entendre, "cet objectif est largement rencontré". "Cela veut-il dire que tous les problèmes sont résolus? Non", a-t-il précisé. Les travaux ont donné lieu à un "choc des idées". Presque tous les domaines relevant de l'Etat fédéral ont été abordés: de BHV et la Région bruxelloise aux soins de santé en passant par les allocations familiales, l'emploi, l'énergie, la justice ou le Sénat.
Une semaine de repos
Après ces six semaines d'information et de préformation, les sept partis autour de la table s'accordent une "semaine familiale". La préformation se poursuivra toutefois grâce aux "miracles de l'informatique". Les séances de travail reprendront la semaine du 8 août.
Et que peut-on espérer ? Elio Di Rupo a précisé qu'il ne lui appartient pas de formuler des propositions mais de trouver des convergences. On sait qu’un parfum de pessimisme s’est installé au Nord du pays et que les francophones doutent de la capacité de la N-VA à faire des compromis. La réussite des négociations à ce stade est pourtant capitale. Le président du PS l’a avoué lui-même : en cas d'échec, ce "sera l'échec de tous les négociateurs". Il n'a pas exclu cette possibilité tout en disant qu'il fera tout pour l'éviter.











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