Les présidents de la Chambre et du Sénat, André Flahaut (PS) et Danny Pieters (N-VA), nos deux nouveaux médiateurs, rencontreront demain les 7 partis qui étaient autour de la table, comme le Roi les en a chargés après la démission d’Elio Di Rupo de sa mission de préformation. Entre-temps, ce lundi, tous les partis se réunissent en bureaux. L’impasse actuelle y sera bien sûr abordée… mais aussi certainement l’entrain apparent de Bart De Wever à amener les libéraux du nord comme du sud autour de la table, ce que le PS continue à refuser catégoriquement.

 

L'infidélité de Bart De Wever

Plusieurs quotidiens de presse écrite nous le révèlent aujourd’hui: un jour midi au milieu du mois de juillet, Bart De Wever et son néo-député Sigfried Brake ont rencontré Didier Reynders et Louis Michel dans un restaurant 2 étoiles de la capitale… alors que la préformation d’Elio Di Rupo venait à peine de commencer ! Depuis lors, la N-VA aurait négocié avec les libéraux dans le dos des 6 autres partis autour de la table. Les nationalistes, à l’aube d’une législature capitale en terme d’économie, voient en effet plus loin que l’institutionnel malgré leur discours. Le retour des libéraux est pour eux impératif car il s’agirait d’un moyen pour ne pas se laisser encercler par les partis de gauche actuellement autour de la table. Mais outre le refus catégorique du PS à l’entrée des libéraux dans les négociations, la N-VA est confronté à la crainte du sp.a mais aussi des alliés du CD&V de voir l’Open Vld réclamer sa montée dans le gouvernement flamand en échange de cette entrée dans une négociation institutionnelle et gouvernementale fédérale.

Importante nuance à noter: le MR a démenti ces contacts par voie de communiqué officiel.

 

Pas encore question du MR, selon Milquet

Heureusement pour les médiateurs royaux, Albert II a temporairement désamorcé la bombe en ne les chargeant pas de prendre contact avec les libéraux. Joëlle Milquet, la présidente du cdH qui était en direct par téléphone sur Bel RTL ce matin, confirme que l’entrée du MR dans la danse n’est pas à l’ordre du jour. « La question (de l’exclusion des libéraux, ndlr) n’est pas celle-là maintenant. La réforme de l’Etat est ici négociée par certains partis tels qu’ils ont été désignés par informateur et préformateur. Et chaque réforme de l’Etat se négocie toujours avec certains partis. Dans l’histoire de la Belgique, vous n’avez jamais eu de réforme de l’Etat qui se négociait avec un front néerlandophone d’un côté et francophone de l’autre », temporisait-elle.

 

"Chacun a l'éthique qu'il veut..."

Concernant l’infidélité de la N-VA, Mme Milquet ose espérer que ce n’était que passager. « Chacun a l’éthique de la correction politique qu’il veut », lançait-elle, avant de remettre les choses en contexte. « C’était en juillet. Je remarque simplement que la N-VA a accepté d’avoir une mission de médiation et que cette acceptation vient de se faire ce week-end. » Quel sera dès lors le rôle du médiateur N-VA Danny Pieters ? Sera-t-il chargé par son parti de faire comprendre que la confiance ne pourra être restaurée qu’avec l’arrivée des libéraux dans la négociation ? Début de réponse demain mardi.