113 jours de négociations pour...rien. Ce lundi, la N-VA a décidé de claquer la porte des négociations. A l'issue du bureau de parti qui a duré deux heures, Bart De Wever a lu un communiqué, en néerlandais puis en français. L'homme fort de Flandre a constaté l'échec des négociations et l'a annoncé clairement: "Pour nous, cette histoire se termine". Nous n'avons obtenu aucune réponse aux questions essentielles que se posent les Flamands, a-t-il indiqué. "Arrêtons de patauger. Il n'y a pas de temps à perdre (...) Je refuse de participer à ce jeu enfantin" a encore déclaré le président de la N-VA. Et maintenant ? On "remet les compteurs à zéro, on démarre une nouvelle histoire", ceci sans tabou ni au niveau du contenu ni au niveau de la formule, a précisé De Wever qui, en attendant, garde sa confiance au gouvernement Leterme en affaires courantes et assure qu'il ne l'empêchera pas de travailler.

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LE DISCOURS DE BART DE WEVER EN DETAILS

 

"Arrêtons de patauger"

"Le groupe de haut niveau a eu deux semaines, mais n'a pas obtenu un résultat effectif. A la question essentielle des Flamands, on n'a pas obtenu de réponse concrète si ce n'est une réponse négative. En même temps, certains ont donné un coup de frein au transfert des compétences convenu, notamment dans le secteur de la santé", a constaté M. De Wever. "Soyons tous honnêtes, il faut bien admettre que le paquet de 15 milliards a été balayé. Il reste au maximum la moitié", a-t-il encore dit soulignant qu'il faut admettre que "nous faisons marche arrière". "Arrêtons de patauger, il n'y a plus de temps à perdre. Et si on veut me faire porter le chapeau, et bien, tant pis. Moi je refuse de participer à ces jeux d'enfants", a assuré le président de la N-VA.


 

"Pas de tabous" sur la formule à venir

"Je lance un appel à tous les partis pour trouver une solution à l’avenir. Nous souhaitons un accord", a-t-il cependant répété. La N-VA balaie donc tous les accords engrangés jusque-là, mais aussi les partenaires autour de la table. Comment va-t-on négocier désormais ? "Nous devons effacer le tableau, mettre les compteurs à zéro et essayer de démarrer une nouvelle histoire. Faisons cela à visage découvert, sans tabou, ni au niveau du contenu, ni au niveau de la formule." a indiqué Bart De Wever, qui souhaite depuis longtemps voir le MR s'installer à la table des négociations.

 

Il enjoint le gouvernement Leterme II démissionnaire à poursuivre la gestion du pays

Conscient que les négociations prendront du temps, le président de la N-VA a proposé que le gouvernement en affaires courantes continue à gérer le pays. "Le pays a besoin d'une réforme, mais en même temps doit être gouverné. Dans ce contexte, je peux vous dire que nous sommes toujours à l'écoute pour résoudre des dossiers urgents que le gouvernement doit aborder et qui sont soumis au vote parlementaire". Simultanément, la N-VA lance un appel au gouvernement en affaires courantes pour qu'il examine la possibilité de poursuivre sa tâche "en forme réduite". Cette forme réduite permettra des économies, ce que la N-VA considère comme "un signe important" pour la population qui devrait faire des sacrifices dans les années à venir.

 

Et maintenant ?

Le roi Albert II va devoir à présent entamer des consultations et probablement désigner une nouvelle personnalité pour tenter de renouer le fil du dialogue. La mise en place d'un nouveau gouvernement fédéral risque donc de prendre encore des semaines, et plus vraisemblablement même des mois, alors que l'UE doit assurer la présidence tournante de l'UE jusqu'en janvier.

La presse évoque également la convocation de nouvelles élections. Mais cette option présente un risque majeur: une radicalisation accentuée des deux camps. Depuis le mois de septembre, l'hypothèse d'un éclatement du pays est désormais avancée sans tabou côté francophone, alors qu'elle était auparavant évoquée surtout du côté flamand.