Eric Van Rompuy, interrogé sur le fait que Geert Bourgeois a illégalement refusé de nommer la bourgmestre francophone de Crainhem, a rappelé que cela était normal puisque les règlements de la Flandre priment sur les lois belges ! Puis il s’en est pris à Elio Di Rupo, accusé de renier le travail de Wouter Beke (président du CD&V) et d’avoir créé un nouveau clivage gauche-droite à côté du clivage nord-sud alors que tant qu’il ne s’accorde pas avec la N-VA, rien n’est possible. Enfin, il a jugé incompréhensibles les attaques de De Wever envers le CD&V ce week-end et a rappelé que son parti ne veut pas d’un front privilégié avec la N-VA ou la droite flamande. « On veut se concerter avec la N-VA comme on le fait avec le sp.a ».
« La loi fédérale est en contradiction avec la circulaire Peeters »
Pour le député, fervent défenseur de la périphérie flamande de Bruxelles, la nouvelle non-nomination d’un bourgmestre francophone de la périphérie (l’actuelle échevine de Crainhem, Véronique Caprasse), alors qu’elle n’a pas (encore) contrevenu aux lois linguistiques flamandes, n’est pas de la provocation. « C'est la logique que le gouvernement flamand a appliquée depuis quelques années. La logique que la circulaire Peeters doit être appliquée et qu'on doit la respecter. Et naturellement du côté francophone, on dit que la Cour d'appel de Mons… (a cassé cette circulaire, ce qui n’empêche pas la Flandre de continuer à l’appliquer, contrevenant ainsi aux lois fédérales, ndlr). »
Le fédéral, dans la conception flamande des choses, ne l’emporte donc pas sur le régional selon Eric Van Rompuy : « C'est toute la discussion qu'on mène depuis quelques années. Du côté francophone on ne respecte pas le pouvoir décisionnel du gouvernement flamand dans les communes à facilités. » Mme Caprasse n’avait pourtant pas encore contrevenu aux lois linguistiques flamandes, « mais elle a dit qu'elle avait l'intention d'appliquer les lois fédérales », rappelait M. Van Rompuy, ajoutant: « Et les lois fédérales sont en contradiction avec le circulaire Peeters. »
« Elio fait fausse route »
« Je ne comprends pas que M. Di Rupo, comme méthode maintenant, s'attaque aux problèmes socio-économiques », assénait ensuite le député flamand sur Bel RTL. Premièrement, parce que cela renie le travail des précédents chargés de mission par le roi. « Tout le travail de Beke est mis de côté », a-t-il dit, rappelant qu’il « a travaillé deux mois sur les problèmes institutionnels et Vande Lanotte trois mois. » Deuxièmement, parce qu’il « faut naturellement un accord entre PS et N-VA sur l'institutionnel ». C’est donc une condition préalable au socio-économique « car sans cet accord-là, on ne peut pas former un gouvernement et trouver des solutions pour les problèmes budgétaires et économiques », expliquait-il encore.
Elio Di Rupo fait-il dès lors fausse route ? « Oui », répondait le député CD&V. « Il a changé de méthode. Beke a essayé de rapprocher les deux grands partis sur l'institutionnel mais n'a pas réussi. Maintenant, Di Rupo s'en prend aux problèmes socio-économiques et cela donne lieu à un clivage entre droite et gauche et entre nord et sud, ce qui nous mène à plus de difficultés encore », regrettait-il. « Ça nous mène à une atmosphère de clivage droite-gauche non seulement dans le pays, mais aussi au sein des régions. »
« On a été choqués par De Wever »
Concernant le front flamand voulu par Bart De Wever et pour lequel les présidents du CD&V et de l’Open Vld rencontreront le président des nationalistes ce jeudi, Eric Van Rompuy a rappelé que « le CD&V n'a jamais parlé de front. On veut se concerter avec la N-VA comme on le fait avec le sp.a et les autres partis flamands. »
Par contre, « ce qui nous a vraiment choqué, c'est que ce week-end De Wever a dit qu'il était méfiant vis-à-vis du CD&V. Que le CD&V ne voulait pas avancer », a-t-il révélé en fin d’interview. « Il s'en est pris à Beke, a dit qu’à terme, la N-VA doutait que le CD&V ne la lâche », expliquait-il, ajoutant que De Wever a insinué que Wouter Beke, le président du CD&V, avait dit qu’un gouvernement « Leterme 3 après l'été était possible, un gouvernement à plein pouvoir sans la N-VA. ». « Il a insinué ça dans la presse et Beke s'est fâché parce qu'on a fait tout » pour coller à la N-VA justement.
M. Van Rompuy « ne comprend pas De Wever qui s'en prend maintenant au C&V » qui a pourtant été loyal. C’est incompréhensible », disait-il, rappelant que son parti « a même été accusé d'être scotché à la N-VA ». D’autant plus qu’il est hors de question pour le CD&V de lâcher le parti dans le vent en Flandre : « On ne sait pas le lâcher. Est-ce que l'opinion publique francophone accepterait qu'on lâche le PS ? La N-VA dans les sondages est à 33% et c’est impossible de trouver un accord institutionnel et de former un gouvernement sans la N-VA. »













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