Les ministres européens de l'Environnement ont arrêté lundi à Luxembourg la position de négociation de l'UE avant la prochaine conférence sur le climat, en décembre à Durban (Afrique du sud), où la communauté internationale doit définir le cadre de la lutte contre le réchauffement après 2012. Ils ont ouvert la porte à de nouveaux engagements chiffrés de réduction des émissions de CO2 dans les seuls pays industrialisés.
Le protocole de Kyoto, conclu en 1997, a établi des objectifs chiffrés de diminution des émissions pour les pays industrialisés, avec une première période d'engagement juridiquement contraignant sur 2008-2012. La mise en place d'un cadre pour les années suivantes sera le point chaud de la conférence de Durban. Les pays en développement refusent d'accepter tout engagement juridiquement contraignant. Ils n'acceptent de participer qu'à un régime volontaire, doublé d'une assistance financière des pays riches. De leur côté, les Etats-Unis n'entendent accepter aucun engagement chiffré sans effort semblable des autres grandes économies, comme la Chine et l'Inde. Même si plusieurs Etats membres se positionnaient sur la ligne américaine, l'Europe a ouvert la voie lundi à une seconde période d'engagement contraignant uniquement pour les pays industrialisés. En contrepartie, les Européens exigent un accord de principe et un calendrier précis pour la conclusion de négociations devant aboutir à des réductions chiffrées pour tous les pays du monde. L'accord a été salué par la ministre bruxelloise de l'Environnement, Evelyne Huytebroeck qui représentait la Belgique à Luxembourg. Elle avait plaidé fortement pour que l'Europe s'engage dans cette voie. "Il faut garder à l'esprit que les pays industrialisés ont une responsabilité historique" dans le réchauffement climatique, a-t-elle indiqué à Belga. Elle veut "garder l'espoir qu'une deuxième période d'engagement sera conclue, sinon il n'y aura plus aucune contrainte, ce qui serait dramatique". (WAE)