Anne Demelenne a répondu aux questions de Fabrice Grosfilley, ce jeudi matin sur les ondes de Bel RTL. Selon elle, s'en prendre à l'indexation des salaires dans le cadre des négociations serait une erreur: "En cinq ans, sur un salaire de 1.700 euros nets par mois, sans indexation, ce salaire aurait perdu 170 euros (ndlr: en pouvoir d'achat), soit 10 %, ce qui est énorme."

 

C'est "la finance qui nous a mis dans cette situation"

"Les solutions proposées ne sont pas les bonnes: toucher au pouvoir d'achat des travailleurs et allocataires sociaux donnera moins de consommation et d'activités économiques", a affirmé la secrétaire générale de la FGTB. Il convient certes de résorber le déficit, mais "sans se tromper de cible", car c'est bien "la finance qui nous a mis dans cette situation", a encore relevé Anne Demelenne.

 

Sa solution: 4+4+3=11

Plaidant pour un soutien à l'économie et à l'emploi via des investissements qui rapporteront à long terme, le syndicat socialiste envisage aussi des pistes de recettes fiscales. Une amélioration de la lutte contre la fraude fiscale rapporterait 4 milliards d'euros, une taxation des revenus financiers à 24%  (soit le même taux que sur les revenus du travail) 4 milliards d'euros également, et une réduction des "cadeaux fiscaux aux entreprises" 3 milliards, selon la FGTB. "Là, je viens de vous trouver 11 milliards", a calculé Anne Demelenne, évoquant le montant à trouver au fédéral pour maintenir le budget de l'Etat 2012 à 2,8% de déficit.

 

Menace de grève

Les syndicats ont programmé un rassemblement en front commun mardi au Heysel (Bruxelles) afin de livrer au futur gouvernement et aux employeurs leurs "propositions concrètes pour sortir de l'impasse". "Si nous ne sommes pas entendus, des manifestations sont prévues et cela pourra aller jusqu'à la grève. Nous envisageons une grande manifestation nationale début décembre", a averti Anne Demelenne.