Didier Reynders, le ministre des Affaires Etrangères, était l'invité de Fabrice Grosfilley sur les ondes de Bel RTL ce mardi matin. En réaction à la règle d'or budgétaire conclue lundi entre Etats lors du sommet européen, il a indiqué que le schéma belge risquait de compliquer la tâche du pays. "On est peut-être parmi les premiers à être sermonné ou être suivi de près par l’Europe. Mais à nous de respecter des engagements que nous avons pris nous-mêmes. C’est-à-dire être en dessous de 3% de déficit cette année. Etre à l’équilibre en 2015. La grande difficulté en Belgique ce sera de traduire cela dans notre système fédéral. C’est très difficile en Espagne ou en Allemagne. C’est difficile aussi en Belgique. Pourquoi? Il y a un objectif de tout le pays, le fédéral doit faire son travail, les régions et communautés aussi, les pouvoirs locaux également. Une des difficultés chez nous, cela va être de traduire cet engagement dans la constitution ou dans des lois spéciales avec un engagement de tous d’aller dans cette direction", a-t-il expliqué.

 

Pensions: "On doit travailler plus longtemps"

En ce qui concerne le système des pensions, le libéral se montre intransigeant. "Malgré les mouvements sociaux qui ont eu lieu hier, il n’est pas question de changer les lignes en matière de pensions. En termes de retraites, on doit travailler plus longtemps. L’espérance de vie est beaucoup plus importante et on le voit autour de nous. La grève, elle doit permettre de continuer la concertation qui est en cours sur des modalités. Mais la ligne choisie par le gouvernement ne bougera pas. On a déjà reçu les partenaires sociaux. Et on va continuer de les recevoir. On les reçoit pour les entendre, pour voir comment adapter un certain nombre de modalités mais la ligne restera celle qui a été choisie", a-t-il confié.

 

"Une grève générale, ce n’était pas adapté"

S'il comprend le mouvement social, Didier Reynders regrette néanmoins certains comportements. "Je peux comprendre les réactions. Je n’ai pas compris l’ampleur des mesures qui ont été choisies par les syndicats. Une grève générale, cela ne me paraissait pas du tout adapté. J’espère aussi qu’on respecte le droit de ceux qui veulent travailler. Il y a eu des piquets de grève. Il y a eu des blocages à l’entrée de zonings. Il y a eu des commerces dans lesquels on a forcé les gens à ne pas travailler. Il y a des gens qui ont besoin de travailler. Il y a de personnes qui ont des revenus faibles et qui ont besoin de leur journée de travail", a-t-il insisté.

 

Affaires Etrangères: des dossiers difficiles

"Est-ce que vous êtes toujours heureux d’être ministre des Affaires Etrangères?", lui a finalement demandé notre journaliste Fabrice Grosfilley en fin d'interview. "Je le suis de plus en plus, jour après jour. La seule chose, c’est que les dossiers sont très difficiles. Pour l’instant, on discute beaucoup de la Syrie à tous les niveaux. En Europe, comme à travers le monde. J’espère qu’on va arriver à convaincre la Russie qu’il faut effectivement prendre des décisions fermes en Syrie pour faire changer le régime", a-t-il conclu.