A l'issue de la réunion, la chef de groupe du cdH, Catherine Fonck jugeait même que le gouvernement devait se poser la question de confiance envers le patron de Belgacom, dont l'Etat fédéral est l'actionnaire majoritaire."Il ne m'a pas convaincue du tout", a commenté à chaud Mme Fonck pour qui le gouvernement doit à présent "s'inquiéter de ce qui se passe à l'intérieur de l'entreprise, tant pour son personnel que son image extérieure".
"Il signe ses dossiers en dernière minute"
Selon la chef de groupe centriste, M. Bellens est apparu peu au fait de ses dossiers "qu'il signe en dernière minute", rejetant la responsabilité de l'affaire sur ses collaborateurs. Sans réclamer ouvertement la tête du CEO de l'entreprise, l'élue cdH a néanmoins jugé que "le gouvernement devait prendre ses responsabilités". Interrogé par les députés sur le moment exact où il a pris connaissance du dépôt d'une plainte contre Concetta Fagard, M. Bellens n'a pu affirmer avec certitude s'il s'agissait du 6 ou 8 juin dernier.
"Mise sous surveillance de Belgacom"
"Il a dit qu'il avait été très mal conseillé, qu'il avait dû agir dans la précipitation et que, si c'était à refaire, il ne referait pas la même chose", a confié de son côté Karin Lalieux (PS). Se refusant à condamner ouvertement M. Bellens, la députée a prôné la "mise sous surveillance" de Belgacom, et l'audition par la commission du directeur des ressources humaines de l'entreprise. "Nous verrons comment les affaires seront réglées d'ici quelques mois", a-t-elle ajouté. Le patron de Belgacom est, lui, sorti par une porte dérobée, évitant ainsi la presse qui attendait à l'extérieur. Son audition, la deuxième après celle du 9 novembre dernier et les révélations de presse affirmant que le patron de Belgacom était au courant depuis belle lurette de plaintes envers sa protégée, n'a pas plus convaincu l'opposition.
Bellens a-t-il encore un avenir à la tête de Belgacom?
"On tourne en rond! Il n'y a pas de nouveaux éléments", a commenté Ronny Balcaen (Ecolo), selon qui M. Bellens a fourni mardi des "réponses assez vagues" et fait preuve "d'impréparation". Une situation qui plaide, à ses yeux, pour l'audition par les commissaires des autres personnes impliquées dans cette affaire. Pour l'élu écologiste, l'attitude affichée mardi par M. Bellens "qui ne souhaite pas assumer ses responsabilités" le pousse en tout cas à s'interroger sur son avenir à la tête de l'opérateur public: "Est-il encore en capacité d'assumer les responsabilités de demain au sein de Belgacom? ".
Depuis l'automne dernier, M. Bellens navigue en eaux tumultueuses après plusieurs révélations de presse sur des enquêtes le visant et les remous provoqués par l'affaire Concetta Fagard. Celle-ci a entraîné au total le licenciement de quatre top-managers de l'entreprise - dont l'intéressée, protégée de M. Bellens - et débouché sur des tensions entre le CEO et son conseil d'administration.













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