Les écologistes attendent du gouvernement fédéral qu'il se saisisse "sans complaisance" du dossier des provisions constituées en vue du démantèlement des centrales nucléaires, après l'annonce d'un recours introduit par l'Office national des déchets radioactifs et matières fissiles (Ondraf) au Conseil d'Etat.
L'Ondraf s'oppose au montant des provisions approuvées par la Commission des provisions nucléaires. Il a proposé fin 2010 de retenir 578 millions d'euros mais la Commission a finalement mis de côté 347 millions. Le bénéficiaire de cette différence serait Electrabel dont la filiale Synatom a contesté les calculs de l'Ondraf. Selon le quotidien "La Libre", la décision a été prise par un nombre restreint de membres de la Commission, dont le patron de Synatom, un représentant d'Electrabel, un autre du SPF Economie et un troisième de l'Agence de la dette. Etaient notamment absents, le patron de l'Ondraf et de la Commission de Régulation de l'Electricité et du Gaz (CREG). Ecolo et Groen dénoncent le "rabais conséquent" offert aux producteurs nucléaires. "Alors que le secteur nucléaire réalise des bénéfices annuels colossaux (1,7 milliards selon la CREG) grâce à la rentabilisation de ses centrales par les factures des citoyens, et alors que la gestion des déchets nucléaires et du démantèlement présenteront des coûts importants pour les décennies à venir, cette nouvelle manœuvre du secteur pour échapper financièrement aux responsabilités qui lui incombent est totalement indécente", ont-ils souligné dans un communiqué. Ce "cadeau" de 231 millions d'euros s'ajoute à la déduction fiscale dont le secteur nucléaire bénéficie pour sa contribution au budget de l'Etat de 550 millions d'euros, relèvent les Verts. "En net, la contribution du secteur, fièrement annoncée par le gouvernement fédéral pourrait donc par des jeux comptables être quasiment réduite à néant. En ces temps de rigueur budgétaire, voilà un constat parfaitement insupportable". (VIM)