A propos de l’Europe, et plus précisément des différentes sensibilités et des affaires internes à chaque pays, Guy Verhofstadt s’est montré très critique envers certains dirigeants et politiciens. « Je constate (…) que M. Sarkozy est en train d’utiliser tous les thèmes de l’extrême-droite pour essayer de gagner ces élections. Hier encore je pense, il a annoncé qu’il faut limiter l’immigration à la moitié. Je me demande toujours pourquoi il ne l’a pas fait » pendant son mandat de président, a déclaré notre ancien Premier ministre.

 

Pas l’échec de la société multiculturelle, mais des politiciens en place

Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, beaucoup l’ont dit puis répété : la société multiculturelle est un échec, selon eux. Pour Guy Verhofstadt, c’est le contraire : « Je crois que leurs politiques concernant le multiculturalisme est un échec. Voyez Bruxelles, Paris, Berlin, ce sont des villes multiculturelles. Ce qu’il faut, c’est investir dans l’intégration. Mais dire avec des sous-entendus qu’il faut que ces immigrés partent, c’est quelque chose à ne pas suivre du tout. »

 

Bayrou ferait un bon président

Au niveau français, sans surprise, « je soutiens M. Bayrou , qui est membre de mon groupe. Le Modem est membre de l’Alliance des démocrates et des libéraux et je pense qu’il a une vision très saine de la politique française (…) Je pense que M. Bayrou serait un bon président de la France », a-t-il encore annoncé.

 

L’extrême-droite remonte

La montée de l’extrême-droite, Guy Verhofstadt la ressent. Ce n’est pas qu’en Belgique où la N-VA, séparatiste, a pris les voix du Vlaams Belang, extrême-droite, aux dernières élections pour devenir le premier parti de Flandre, et par là-même de Belgique. « Il y a la même chose avec Wilders aux Pays-Bas. En Hongrie avec Orban. La même tendance est en train de monter partout en Europe », a-t-il expliqué. Mais il voit une forte détermination de tous les organismes dirigeants de l’Europe pour endiguer ce phénomène lorsque les extrémistes se retrouvent au pouvoir, comme en Hongrie : « Ce qui est important, c’est que la Commission européenne, le Parlement européen et le Conseil européen sont sur la même ligne pour dire à M. Orban : ‘Il faut changer vos lois’. On limite le nombre de communautés religieuses à 14 alors qu’il y en a 200 en Hongrie. Ça ne va pas du tout. C’est un droit individuel », prend-il comme exemple.

 

A cause des leaders politiques qui suivent l’opinion et ne sont plus des leaders d’opinion

« Le problème c’est qu’il y a des leaders politiques aujourd’hui qui n’osent pas donner leur opinion pour l’avenir. Ils suivent une opinion publique qui est en partie xénophobe. Mais il faut convertir le public à ses idées. C’est ça la démocratie », selon Guy Verhofstadt, qui constate qu’un fait marquant dans sa vie politique l’a fait passer du spécialiste des chiffres à une vision plus ouverte et humaniste du monde : « L’affaire du Rwanda a joué un rôle important dans ma vie. J’ai encore des contacts avec certaines familles des paras. J’ai vu que la politique c’était autre choses que seulement de l’économie et les finances. »