Sabine Laruelle, ministre MR des indépendants et des PME était l'invitée de la rédaction de Bel RTL ce matin. Elle répondait aux questions de notre journaliste politique, Fabrice Grosfilley.



Fabrice Grosfilley: "Il reste beaucoup de faux indépendants ?"

Sabine Laruelle: "Il reste des faux indépendants et des faux salariés. Il faut continuer à lutter contre cette mauvaise relation de travail. Il faut veiller à ce que quelqu'un qui travaille, le soit dans la bonne relation, ou bien comme salarié ou bien comme indépendant".

FG: "Donc, en fonction du nombre de patrons qu'il a réellement, de l'autonomie qu'il a réellement. La semaine dernière, le conseil des ministres a approuvé un plan qui va vraiment permettre d'y voir plus clair ou pas ?"

SL: "En tous les cas, on reste sur des critères généraux, de d'abord regarder la volonté des parties. Quelqu'un qui dit: voilà moi, je veux être indépendant et bien voilà on sait bien que le statut social n'est pas à la hauteur des salariés. Par contre, on sait aussi qu'il y a des secteurs beaucoup plus sensibles, que ce soit la construction, que ce soit le gardiennage, que ce soit le secteur du nettoyage et donc là nous avons établi 9 critères beaucoup plus spécifiques, qui vont un peu plus loin et qui permettent une analyse beaucoup plus fine, beaucoup plus spécifique de cette relation au travail, et qui permettront de lutter contre une mauvaise utilisation d'un statut social."


FG: "Ce qu'il s'est passé à Wingene- donc ces 2 chauffeurs de poids lourds polonais morts dans un hangar où ils dormaient -c'est lié aux faux indépendants ou cela n'a rien à voir ?"

SL: "Il faut arrêter de tomber trop vite ou de tirer des conclusions. Ici, il s'agit de ce qu'on appelle communément un marchand de sommeil et c'est évidemment inacceptable, que ce soit avec des transporteurs polonais, que ce soit avec tous types de personnes, être un marchand de sommeil, faire dormir des gens parfois avec des loyers totalement usurpés, c'est totalement inacceptable, donc il faut surtout lutter contre ce phénomène de marchand de sommeil. Il y en a encore trop dans notre pays."

FG: "Mais cela met en lumière qu'il y a encore des sociétés de transport qui opèrent sur le territoire belge et qui ont recours à des méthodes pas très loin de l'esclavagisme quand même?"

SL: "J'évite toujours de stigmatiser un secteur. Des gens qui ne travaillent pas correctement, qui fraudent et ici, c'est de l'esclavagisme, ce n'est même plus une fraude. C'est inacceptable mais il y en a dans tous les secteurs. Que ce soit dans n'importe quel secteur, c'est totalement inacceptable. Faudrait peut-être d'ailleurs prendre des mesures plus fines, plus renforcées".