Tous les députés, à l'exception de Jean-Marie Dedecker et de trois Vlaams Belang, ont quitté l'hémicycle jeudi après-midi lorsque Laurent Louis (Mouvement pour la Liberté et la Démocratie) est monté à la tribune pour poser une question dans le cadre de la traditionnelle heure des questions. Ce dernier a divulgué, lors d'une conférence de presse plus tôt ce jeudi, des pièces de l'instruction liées à l'affaire Dutroux. Il a dénoncé l'existence de réseaux et brandi deux photos issues du rapport d'autopsie de Julie Lejeune et Mélissa Russo. L'homme a en outre publié sur son site internet le rapport d'expertise médico-légale des dépouilles des fillettes.

 

"Un jour triste pour la démocratie"

Le président de l'assemblée André Flahaut a déclaré qu'il s'agissait "d'un jour triste pour la démocratie". "L'immunité parlementaire ne permet pas tout. Nous aurons l'occasion de le voir dans les prochains jours", a-t-il ajouté à l'adresse de M. Louis. M. Flahaut dit "condamner fermement cette attitude". Il ajoute qu'il "déplore cette attitude nauséabonde qui constitue une dérive inacceptable, surtout dans le chef d'un représentant de la Nation". "Dans l'état actuel des choses, le président de la Chambre ne peut constitutionnellement agir, sauf sur requête de la justice. Il tient toutefois, au nom du Parlement, à témoigner sa solidarité auprès des familles concernées par ces divulgations", dit encore le communiqué d'André Flahaut.

 

Jusqu'ici, les écologistes "s'abstenaient de commenter ses délires"

Les parlementaires fédéraux Ecolo-Groen plaident pour l'imposition d'un cordon sanitaire vis-à-vis du député Laurent Louis. Depuis l'entrée au Parlement de ce dernier, les écologistes "s'abstiennent de commenter ses délires pour éviter de lui donner une publicité qu'il ne mérite pas", indiquent Muriel Gerkens, Jacky Morael et Stefaan Van Hecke dans un communiqué. Ils considèrent cependant que l'homme a dépassé "les bornes de ce qui est acceptable non seulement sur le plan politique mais aussi tout simplement sur le plan humain et moral".

 

Le PS demande à ce qu'il soit traité comme un parlementaire d'extrême droite

Le PS s'est déclaré profondément choqué par la "dernière provocation" de M. Louis. Il a appelé lui aussi à ce que le député soit traité de la même manière que les parlementaires d'êxtrême-droite, c'est-à-dire selon le principe du cordon sanitaire. "Pour le PS, il n'a jamais fait aucun doute que les discours et l'idéologie véhiculés par ce parlementaire relèvent de l'extrême-droite, et que Laurent Louis doit donc être traité comme tel", a souligné le parti. Les socialistes espèrent en outre que la justice interviendra le plus rapidement possible pour faire cesser la divulgation de toute pièce relative au dossier Dutroux.

 

CDh: "Ignoble et indigne d'un représentant qui se dit du peuple"

Le centre démocrate humaniste a, lui, qualifié l'attitude de M. Louis d'"ignoble et totalement indigne d'un représentant qui se dit du peuple". Divulguer des pièces de l'instruction liées à l'affaire Dutroux est pénalement répréhensible, souligne le cdH qui demande à la Justice d'intervenir "dans les plus brefs délais" pour arrêter la diffusion de ces documents.

 

Bacquelaine invite le MR à "exprimer son dégoût le plus profond"

De son côté, Daniel Bacquelaine (MR) a déclaré: "Ce comportement est totalement indigne. J'invite tous les membres de la Chambre à établir un véritable cordon sanitaire à l'égard de ce Monsieur. Il se met, par ses actes au banc de notre Assemblée". Le président du Groupe MR de la Chambre des représentants avait invité les membres du Groupe MR à quitter l'hémicycle lorsque ce Monsieur prendra la parole dans le cadre des questions d'actualité. "Nous exprimerons de la sorte notre dégoût le plus profond", a-t-il conclu.

 

Plainte contre Laurent Louis

Mercredi, Le Soir rapportait que Jean-Denis Lejeune, le père de la petite Julie assassinée par Marc Dutroux, avait déposé plainte "pour calomnie et diffamation" contre le député fédéral MLD. M. Lejeune lui reproche notamment d'avoir livré des détails de l'autopsie des fillettes dont la député a, depuis, publié le rapport.