Une centaine de manifestants, représentant les organisations estudiantines francophones, ont manifesté jeudi à Bruxelles pour préserver la coopération avec les universités des pays en voie de développement, dont le budget fédéral est menacé.
Le fédéral souhaite transférer aux Communautés, au titre de ce que d'aucuns qualifient de "compétences usurpées" et d'autres de "responsabilisation" des entitées fédérées, cette compétence dont le budget de 65 millions d'euros permet de mener des projets de développement avec les universités des pays du Sud, et d'octroyer des bourses de stage d'agronomie, médecine, économie, etc. Le conseil des ministres de vendredi devrait se pencher sur cette question. Le Conseil interuniversitaire de la Communauté française (CIUF) a approuvé dernièrement son budget de 7,8 millions d'euros pour les douze prochains mois de la coopération universitaire au développement, mais sous réserve de financement. Toutes les activités liées sont donc suspendues. "A l'heure actuelle, plus de 1.500 boursiers sont dans l'inconnue et des centaines de projets sont gelés", dénoncent les fédérations d'étudiants francophones (FEF, Unécof et TaCC) d'une seule voix. Une pétition ayant réuni plus de 10.000 signatures a été remise au cabinet du ministre du Budget Olivier Chastel. Mais les services de ce dernier n'ont pu apporter de garanties sur la pérennité des programmes, selon la FEF. Les étudiants contestent le caractère "usurpé" de cette compétence fédérale et craignent un transfert à une Communauté française "qui n'aurait pas les moyens de l'assumer". (BPE)