Le ministre des Affaires Etrangères Didier Reynders a déclaré jeudi après-midi au Sénat que s'il avait voulu se déplacer à l'étranger, il aurait pu aller à Molenbeek (lire l'article). Il répondait ainsi à une interpellation du bourgmestre de Molenbeek Philippe Moureaux à propos d'une autre comparaison qu'il a faite entre la situation en Afghanistan, d'où il revient, et l'état des routes en Région wallonne. Le ministre MR a tenu plus tard à préciser que si les propos qu'il a tenus au Sénat ont heurté quelqu'un, il le regrettait, s'étonnant que des sénateurs préfèrent réagir via les réseaux sociaux plutôt qu'au sein de l'assemblée elle-même.

 

Humour déplacé

Sa collègue au gouvernement, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, a réagi à ces propos ce matin sur les ondes de Bel RTL. "Vous connaissez Didier Reynders, il aime bien faire de l'humour. Je pense que dans le cas d'espèce, c'est un humour qui a été sans doute déplacé, parce qu'il laisse accréditer l'idée qu'on aurait une commune où les personnes belges d'origine étrangère sont des étrangers qui pourraient être traitées différemment. Il s'est excusé. Je pense qu'au départ, il voulait faire, me semble-t-il, de l'humour", a-t-elle déclaré.

 

Gare à la discrimination

La ministre rappelle toutefois le danger qu'entraîne ce genre de déclaration: "Mais il faut faire très attention avec les mots qu'on emploie, parce que c'est en employant certains types de mots que quelque part, pour qui que ce soit, à un moment, on entraîne une discrimination. Parfois, l'humour draine aussi à un moment une représentation mentale dont il faut tenir compte", a-t-elle conclu.