Le clivage entre la responsabilité et la mutualisation financières en Europe s'apparente au débat sur "la poule et l'oeuf", a souligné mardi le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, qui appelle à progresser sur les deux fronts simultanément.
Le ministre belge a participé mardi à Luxembourg avec ses homologues européens à un long débat sur l'avenir de la zone euro, menacée d'éclatement par la crise des dettes souveraines. Les ministres ont évoqué avec le président du Conseil européen Herman Van Rompuy, joint par téléconférence, la feuille de route esquissée par ce dernier vers une union bancaire et budgétaire. Les discussions préparent le sommet de jeudi et vendredi, où les chefs d'Etat et de gouvernement devront prendre des décisions difficiles sur l'avenir de l'Europe. La mise en commun des dettes publiques, envisagée pour mettre un terme à la crise, se heurte à des fortes réticences de l'Allemagne, qui exige préalablement une mutualisation de la surveillance budgétaire. Or, celle-ci implique des transferts de souveraineté importants vers le niveau européen. Pour Didier Reynders, "on doit arrêter de se demander par quoi on doit commencer". Saluant la feuille de route de M. Van Rompuy, le ministre belge a appelé à progresser simultanément sur le front de la solidarité et de la responsabilité. Il est "important que tout le monde accepte de démarrer le processus pour la fin de l'année", a-t-il précisé. Selon lui, le sommet de jeudi et de vendredi doit déboucher sur "un schéma de travail avec des dates précises". Malgré les divergences de vue, M. Reynders a noté un climat constructif dans la réunion de Luxembourg mardi. "Tout le monde veut aller dans cette direction", a-t-il noté. (WAE)